En bref
Dans la haie, misez sur des arbustes que les chevaux aiment brouter : noisetier, aubépine, saule marsault, églantier, étoffés de charme, de cornouiller ou de viorne. Au pré, plantez quelques grands arbres d'ombre comme le tilleul, le frêne, l'aulne ou le bouleau, isolés ou en bosquet. Gardez hors de portée l'if, le thuya, le laurier-cerise, le cerisier, le buis, le troène, le robinier, le chêne, le houx, le sureau et l'érable sycomore. Plantez entre fin novembre et mars, paillez bien et tenez les chevaux à distance des jeunes plants.
Un pré sans arbres, c'est un pré où les chevaux n'ont nulle part où se mettre quand il fait chaud, quand il pleut ou quand le vent souffle. Des haies et quelques arbres bien choisis changent beaucoup de choses :
Gardez simplement en tête que tout cela complète le foin et l'herbe, sans jamais les remplacer.
Une haie est faite d'arbustes, plantés serrés et taillés. Les grands arbres, eux, se plantent isolés ou en petit bosquet pour faire de l'ombre. Dans une haie champêtre, on peut aussi glisser un grand arbre de loin en loin. Ce guide traite les deux, en les séparant clairement.
Pour chaque essence, nous indiquons d'où vient l'information :
Les listes de plantes sûres ou toxiques viennent d'organismes équins reconnus (vous les trouverez dans les sources en bas de page).
Choisissez d'abord des essences sûres que les chevaux aiment brouter, puis complétez avec des essences sûres qui étoffent la plantation.
Ce sont eux qui forment la haie. Ils supportent bien la taille et repoussent quand ils sont broutés.





Plantez-les isolés, en petit bosquet ou de loin en loin dans la haie, en laissant au moins 8 mètres entre deux grands arbres. Les chevaux en broutent les branches basses.




Un repère rapide, uniquement avec des essences sûres de ce guide.
Beaucoup de chevaux adorent les rosiers : feuilles, jeunes pousses, fleurs et surtout les fruits rouges de l'automne, les cynorhodons. Les vrais rosiers (genre Rosa) ne sont pas toxiques pour le cheval, et les plus rustiques font de très bons arbustes de haie (expérience de terrain).
Attention aux faux amis : seul le nom scientifique Rosa compte. Le laurier-rose n'est pas un rosier et il est mortel pour le cheval. La rose trémière et la « rose de Gueldre » (viorne obier) ne sont pas des rosiers non plus.
On les confond souvent, d'autant que le charme est parfois appelé « charmille » et que les deux font de belles haies taillées. Ce sont pourtant deux arbres de familles différentes.
Lequel choisir pour le cheval ? Le charme. Ses feuilles restent appétentes tout l'été, il n'est pas considéré comme à risque et ses branches de taille peuvent être données aux chevaux. Le hêtre n'est pas toxique, mais ses feuilles deviennent plus âpres au fil de la saison et ses faînes, mangées en quantité, peuvent donner des coliques. Si vous avez un hêtre, ne donnez pas ses branches quand elles portent des faînes, en fin d'été et en automne, et ne laissez pas les chevaux ramasser les faînes au sol (expérience de terrain et sources vétérinaires).

Le mûrier blanc (en arbre ou en têtard), l'orme champêtre et le micocoulier sont présentés comme comestibles pour le cheval par des pépiniéristes. Le mûrier est souvent cité comme un des arbres préférés des chevaux, avec des feuilles qui restent appétentes tout l'été, et il supporte bien la chaleur. Chez le cheval, c'est de l'expérience de terrain, sans étude publiée ; chez les vaches, le mûrier a une très bonne valeur. Plantez-les en complément, pas comme base de la haie.

Le bambou (expérience de terrain) n'est pas réputé toxique et beaucoup de chevaux grignotent volontiers ses feuilles. Deux précautions : les jeunes pousses crues contiennent des composés qui libèrent du cyanure (c'est pour cela qu'on les cuit en cuisine), donc évitez que les chevaux s'en gavent au printemps ; et beaucoup de bambous sont traçants et envahissants, à contenir avec une barrière anti-rhizomes ou à remplacer par une variété qui pousse en touffe. Voir aussi la fiche bambou.
Le prunellier est piquant et appartient à la famille des cerisiers, dont les feuilles fanées peuvent devenir toxiques : mieux vaut l'éviter. Le sorbier, le châtaignier, le framboisier, le cassis et l'argousier sont trop peu documentés chez le cheval pour être conseillés ; le framboisier figure toutefois parmi les essences sûres d'une liste établie pour les ânes, sans données chez le cheval.
Et les arbres fruitiers ? Le pommier (expérience de terrain) convient : feuilles, bourgeons, rameaux et fruits sont mangés sans problème. Ramassez par contre les pommes tombées : elles sont sucrées, peuvent fermenter et sont à éviter pour un cheval sujet à la fourbure ou atteint du SME. Protégez aussi le tronc et le pied de l'arbre, que les chevaux écorcent et tassent. Le pommier sauvage, lui, divise : certaines listes équines le classent parmi les arbres toxiques, d'autres parmi les essences sûres. Plantez-le comme un fruitier, tronc protégé, plutôt qu'au cœur de la haie broutée. Les fruitiers à noyau (cerisier, prunier, pêcher, abricotier) restent, eux, hors de portée.
Deux pièges à connaître. Un arbre brouté n'est pas forcément sûr : les chevaux peuvent aussi grignoter du chêne, qui est toxique. Et les listes de haies fourragères prévues pour les vaches contiennent parfois du troène ou du robinier, toxiques pour le cheval.
Tout ce qui est toxique pour le cheval reste hors de portée, dans la haie comme en bordure du pré. Pensez aussi aux branches qui dépassent, aux feuilles qui tombent et aux graines qui volent.
Certaines listes trouvées en ligne conseillent le prunellier, le sureau ou l'amélanchier pour une haie à chevaux : le prunellier est un Prunus, dont les feuilles fanées sont dangereuses ; le sureau reste exclu par prudence ; l'amélanchier contient lui aussi des composés qui libèrent du cyanure, surtout dans ses jeunes feuilles et rameaux, et il est classé parmi les arbres toxiques pour le cheval.
La liste complète se trouve dans la rubrique plantes toxiques.
Comptez environ un plant par mètre, sur une bande d'au moins 3 mètres de large.
Entre fin novembre et mars, quand les arbres sont au repos. En Wallonie, on conseille la Sainte-Catherine (fin novembre) : les racines ont le temps de s'installer avant l'hiver.
Évitez les jours de gel, de neige ou de sol détrempé.
Trois choses dès le premier jour : du paillage, une protection contre le gibier et une clôture contre les chevaux.
Passez voir la haie toutes les 4 à 6 semaines les trois premières années pour dégager les plants.
Laissez-lui quelques années pour s'installer, puis ouvrez l'accès petit à petit. Une clôture décalée, que vous rapprochez de temps en temps, permet de doser facilement.
Tailler fait pousser : une haie taillée tôt devient plus dense et plus facile à brouter. Voici un rythme qui marche bien sur le terrain :
Ensuite, une taille à 1 ou 2 mètres de haut tous les 2 à 3 ans garde la haie dense et à portée de bouche. Taillez aussi les côtés que les chevaux n'atteignent pas, et donnez-leur les branches coupées. Vérifiez les règles locales : en France, la taille des haies agricoles est limitée du 16 mars au 15 août pour protéger les oiseaux nicheurs.
Le hêtre et le charme gardent leurs feuilles sèches tout l'hiver : un petit fourrage d'appoint et un bon brise-vent. Les chevaux grignotent aussi rameaux, bourgeons et écorce. Un tronc écorcé sur tout son tour meurt : protégez les troncs et donnez plutôt des branches coupées d'essences sûres.
Pour aller plus loin, lisez les guides paddock à brouter, piste autour du pré et préparer son pré à la sécheresse. Les autres aménagements sont regroupés dans la rubrique Aménager.
Oui, sans souci. Le noisetier est sûr pour le cheval et repousse bien quand il est brouté : c'est une très bonne base pour une haie. Seule précaution : les noisettes sont très caloriques. Pour un cheval en surpoids ou atteint du syndrome métabolique équin (SME), limitez l'accès à l'automne.
Oui, avec deux précautions. Ses feuilles ne sont pas réputées toxiques, mais les jeunes pousses crues contiennent des composés qui libèrent du cyanure : évitez que les chevaux s'en gavent au printemps. Et choisissez un bambou qui pousse en touffe, ou contenez-le avec une barrière anti-rhizomes, car beaucoup sont très envahissants.
Oui, surtout ses feuilles flétries : après une branche cassée, une taille laissée au pré ou un gel, elles libèrent du cyanure. Surveillez aussi la chute des feuilles en automne. Gardez l'arbre hors de portée et ramassez toujours les branches tombées.
Il ne semble pas contenir la toxine du sycomore. Mais les érables se ressemblent beaucoup : si vous n'êtes pas sûr de l'identifier, choisissez une autre essence.
Oui, si vos chevaux peuvent l'atteindre ou si des tailles atterrissent dans le pré. Reculez la clôture et demandez gentiment au voisin de ne pas jeter ses déchets de taille de votre côté.
Idéalement fin novembre, autour de la Sainte-Catherine. Vous pouvez planter tout l'hiver, sauf par gel, sous la neige ou dans un sol détrempé.
Au moins trois ans. Gardez le paillage et la clôture tant que les plants ne sont pas assez hauts et que leur écorce n'est pas solide.
Le noisetier et l'aubépine en premier : ce sont les mieux connus chez le cheval. Ajoutez du saule marsault et de l'églantier, avec un peu de ronce en pied de haie. Pour l'ombre, plantez quelques grands arbres au pré : tilleul, frêne, aulne ou bouleau.
Des pépiniéristes le présentent comme comestible pour le cheval, et il supporte bien la sécheresse. C'est de l'expérience de terrain : aucune étude chez le cheval. Plantez-le en complément d'essences plus connues, en arbre ou en têtard.
Les avis divergent. Il contient des composés qui peuvent devenir toxiques, surtout en période de sécheresse. Par précaution, ne le plantez pas à portée des chevaux.
Non, mais trop de faînes peuvent donner des coliques. Taillé en haie, il en produit peu. Réservez-le aux sols qui restent frais : il n'aime pas la sécheresse.
Des arbustes sûrs que les chevaux peuvent brouter le long de la piste : noisetier, aubépine, saule marsault, églantier, charme et cornouiller, avec un peu de ronce en pied de haie. Pour une ombre rapide, ajoutez quelques bouleaux, saules ou trembles. Gardez hors de portée l'if, le thuya, le laurier-cerise, le buis, l'érable sycomore, le sureau et tous les Prunus, dont le prunellier.
Par prudence, oui. Le prunellier, ou épine noire, est un Prunus, comme le cerisier et le prunier : ses feuilles fanées peuvent libérer du cyanure. Ses longues épines peuvent aussi blesser un œil. Certaines listes le jugent sûr, mais mieux vaut le garder hors de portée des chevaux.
Sources
Association française d'agroforesterie, Les fourrages ligneux, synthèse du projet SARBIVOR, 2024
Penn State Extension, Planting riparian buffers safe for horses
Penn State Extension, Trees in horse pastures
Rutgers University, Horse pasture management : toxic plants
Service public de Wallonie, Gestion du frêne face à la chalarose
Chambre d'agriculture des Pays de la Loire (Mayenne), Pâturage des ligneux, 2020
Chambre d'agriculture des Hauts-de-France, Fiche plantation de haies
Département de la Haute-Garonne, Haies champêtres : guide technique
Wallonie, Yes We Plant : réussir et entretenir sa plantation de haie
Parc naturel régional du Pilat, Réussir sa plantation de haie, 2026
Réseau CIVAM, Plantation : itinéraire technique
New Forest National Park Authority, Horses, hedges and edges
Emile et al., INRAE Lusignan, valeur alimentaire des feuilles d'arbres (bovins)
Dengie, valeurs nutritives de plantes de haie (cheval, résultats indicatifs)
Klich et Grudzień, Belgian Journal of Zoology, 2013 (abroutissement par des chevaux en forêt)
Université vétérinaire de Vienne, plantes toxiques
Ashridge Trees, haies adaptées au bétail et aux chevaux
Union des Villes et Communes de Wallonie, distances de plantation (Code civil belge, article 3.133)
Légifrance, Code civil, article 671
Pépinière L'Arbre et Thom, Paillage : volcan ou donut ? (Instagram, 2026)
University of Florida IFAS Extension, Beware of volcano mulching, 2019
The Donkey Sanctuary, Safe trees for donkeys
The Donkey Sanctuary, Poisonous plants and trees
Photo : Noisetier, Acabashi, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Photo : Aubépine, Hladac, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Photo : Saule marsault, Wildfeuer, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Photo : Églantier, Rosendahl, Wikimedia Commons, domaine public
Photo : Charme, AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0
Photo : Tilleul, AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0
Photo : Frêne, AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0
Photo : Aulne glutineux, AEngelhardt, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Photo : Bouleau, Joanna Boisse, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Photo : Mûrier blanc, Famartin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Photo : Hêtre, AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0
Photo : A mixed hedgerow toward Foxholes, Martin Dawes, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0