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Guide

Planter une haie et des arbres fourragers pour chevaux

Une haie bien composée donne de l'ombre, coupe le vent et offre aux chevaux des feuilles à brouter. Mal choisie, elle peut les intoxiquer : le choix des essences passe avant la technique de plantation.

En bref

Dans la haie, misez sur des arbustes que les chevaux aiment brouter : noisetier, aubépine, saule marsault, églantier, étoffés de charme, de cornouiller ou de viorne. Au pré, plantez quelques grands arbres d'ombre comme le tilleul, le frêne, l'aulne ou le bouleau, isolés ou en bosquet. Gardez hors de portée l'if, le thuya, le laurier-cerise, le cerisier, le buis, le troène, le robinier, le chêne, le houx, le sureau et l'érable sycomore. Plantez entre fin novembre et mars, paillez bien et tenez les chevaux à distance des jeunes plants.

Pourquoi planter des haies et des arbres au pré ?

Un pré sans arbres, c'est un pré où les chevaux n'ont nulle part où se mettre quand il fait chaud, quand il pleut ou quand le vent souffle. Des haies et quelques arbres bien choisis changent beaucoup de choses :

  • De l'ombre et un abri : contre le soleil en été, contre le vent et la pluie en hiver.
  • De quoi grignoter : feuilles, rameaux et bourgeons varient le menu et occupent les chevaux, surtout quand l'herbe ralentit.
  • Un pré qui résiste mieux à la sécheresse : les arbres vont chercher l'eau en profondeur et gardent leurs feuilles quand l'herbe a grillé.
  • De la vie autour du pré : oiseaux, insectes et hérissons s'y installent.

Gardez simplement en tête que tout cela complète le foin et l'herbe, sans jamais les remplacer.

Haie ou arbres : deux choses différentes

Une haie est faite d'arbustes, plantés serrés et taillés. Les grands arbres, eux, se plantent isolés ou en petit bosquet pour faire de l'ombre. Dans une haie champêtre, on peut aussi glisser un grand arbre de loin en loin. Ce guide traite les deux, en les séparant clairement.

Ce que l'on sait vraiment

Pour chaque essence, nous indiquons d'où vient l'information :

  • Observé chez le cheval : des mesures ou des observations faites sur des chevaux.
  • Mesuré chez les vaches : la valeur nutritive vient d'études sur les bovins. C'est un ordre de grandeur, pas une valeur pour le cheval.
  • Expérience de terrain : des pépiniéristes et des propriétaires le recommandent, sans étude publiée.

Les listes de plantes sûres ou toxiques viennent d'organismes équins reconnus (vous les trouverez dans les sources en bas de page).

Quelles essences planter pour des chevaux ?

Choisissez d'abord des essences sûres que les chevaux aiment brouter, puis complétez avec des essences sûres qui étoffent la plantation.

Dans la haie : les arbustes

Ce sont eux qui forment la haie. Ils supportent bien la taille et repoussent quand ils sont broutés.

  • Noisetier (observé chez le cheval) : le plus sûr des choix et une excellente base. Attention aux noisettes à l'automne : elles sont très caloriques. Pour un cheval en surpoids ou atteint du syndrome métabolique équin (SME), limitez l'accès pendant leur chute.
  • Aubépine (observé chez le cheval) : le grand classique des haies champêtres. Attention aux épines, qui peuvent blesser un œil. La fiche aubépine parle aussi de ses usages en phytothérapie.
  • Saule marsault (expérience de terrain) : pousse vite, aime les sols frais et se taille très bien.
  • Églantier (mesuré chez les vaches) : sûr, pour varier.
  • Ronce (observé chez le cheval) : en pied de haie. Les chevaux en raffolent, mais elle s'étend vite : contenez-la.
  • Cornouiller mâle (expérience de terrain) : petites fleurs jaunes dès février, avant les feuilles, précieuses pour les premiers insectes, puis des fruits rouges allongés, les cornouilles. Il se taille bien et densifie la haie. Les listes équines citent le cornouiller comme sûr, sans préciser l'espèce.
  • Pour étoffer : le charme et le hêtre, taillés en haie, ainsi que le cornouiller sanguin et les viornes (obier, lantane). Ils sont sûrs mais apportent peu à manger. Entre les deux, préférez le charme (expérience de terrain) : ses feuilles restent appétentes tout l'été et il n'est pas considéré comme à risque. Le hêtre n'est pas toxique, mais ses feuilles deviennent plus âpres au fil de la saison et ses faînes, mangées en quantité, peuvent donner des coliques ; taillé en haie, il en produit peu. Il n'aime pas la sécheresse.
Feuilles rondes dentelées et noisettes vertes de noisetier
Noisetier : feuilles presque rondes au bord denté et noisettes dans leur collerette. Photo : Acabashi, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Rameau d'aubépine avec feuilles lobées et baies rouges
Aubépine : petites feuilles découpées en lobes profonds et baies rouges. Photo : Hladac, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Feuilles ovales de saule marsault
Saule marsault : feuilles ovales, vert foncé dessus, plus claires dessous. Photo : Wildfeuer, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Rameau d'églantier avec feuilles et cynorhodons rouges
Églantier : feuilles faites de petites folioles dentées et fruits rouges (cynorhodons). Photo : Rosendahl, Wikimedia Commons, domaine public
Feuilles plissées et grappe de fruits ailés de charme
Charme : feuilles plissées aux nervures parallèles et grappes de fruits ailés. Photo : AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0

Au pré : les arbres d'ombre

Plantez-les isolés, en petit bosquet ou de loin en loin dans la haie, en laissant au moins 8 mètres entre deux grands arbres. Les chevaux en broutent les branches basses.

  • Tilleul (mesuré chez les vaches) : sûr, et une belle ombre.
  • Frêne (mesuré chez les vaches) : bon fourrage, mais fragile face à la chalarose. Plantez-le avec d'autres essences plutôt qu'en alignement.
  • Aulne glutineux (mesuré chez les vaches) : riche en protéines, parfait pour les zones humides.
  • Bouleau (observé chez le cheval) : les chevaux le recherchent volontiers.
  • Saule (expérience de terrain) : conduit en têtard, il offre des repousses à hauteur de bouche.
  • Érable champêtre : une étude néerlandaise n'a pas trouvé la toxine du sycomore dans ses échantillons. Il peut aussi se tailler en haie. Mais les érables se ressemblent beaucoup : si vous n'êtes pas certain de l'identifier, choisissez une autre essence, et ne le plantez jamais près d'un sycomore.
  • Peuplier (expérience de terrain) : sûr, mais son pollen peut gêner un cheval sensible des voies respiratoires. Éloignez-le de l'abri et du stock de foin.
  • Tremble (expérience de terrain) : un peuplier sauvage aux feuilles rondes qui frémissent au moindre vent. Il pousse vite, même en sol pauvre, et drageonne beaucoup : réservez-lui un coin où ses rejets ne gênent pas. Même précaution que le peuplier pour un cheval sensible des voies respiratoires.
Feuille en cœur et petits fruits ronds de tilleul
Tilleul : feuilles en forme de cœur et petits fruits ronds. Photo : AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0
Feuilles composées de frêne commun
Frêne : grandes feuilles composées de folioles pointues, disposées par paires. Photo : AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0
Feuilles arrondies et petits cônes d'aulne glutineux
Aulne glutineux : feuilles arrondies, souvent échancrées au bout, et petits cônes. Photo : AEngelhardt, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Feuilles en losange et chatons de bouleau verruqueux
Bouleau : petites feuilles en losange au bord denté et chatons. Photo : Joanna Boisse, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Quelle essence pour quel usage ?

Un repère rapide, uniquement avec des essences sûres de ce guide.

  • Pousse vite et coupe-vent : saule marsault, saule têtard, peuplier, tremble et bouleau, ainsi que l'aulne glutineux en sol humide (voir les arbres d'ombre).
  • À brouter entre les repas de foin : noisetier, aubépine, saule, charme, tilleul, églantier et ronce. Les rosiers sauvages sont aussi très appréciés.
  • Pour une haie dense : charme, aubépine, noisetier, cornouiller sanguin et cornouiller mâle, plantés en deux rangs (voir les arbustes).
  • Pour les sols secs ou difficiles : aubépine, bouleau, tremble et ronce (expérience de terrain). Le mûrier blanc supporte aussi la chaleur, en complément (voir à planter avec prudence). L'argousier aime ces sols, mais reste trop peu documenté comme arbuste à brouter : ses baies sont traitées dans la fiche argousier.
  • Pour les insectes et les oiseaux : saule marsault et cornouiller mâle, qui fleurissent dès la fin de l'hiver, puis aubépine, tilleul, ronce et rosiers sauvages.

Et les rosiers ?

Beaucoup de chevaux adorent les rosiers : feuilles, jeunes pousses, fleurs et surtout les fruits rouges de l'automne, les cynorhodons. Les vrais rosiers (genre Rosa) ne sont pas toxiques pour le cheval, et les plus rustiques font de très bons arbustes de haie (expérience de terrain).

  • Les meilleurs choix : les rosiers sauvages de nos régions, comme l'églantier ou rosier des chiens (Rosa canina) et le rosier rouillé, à l'odeur de pomme (Rosa rubiginosa). Ils sont robustes, donnent beaucoup de fruits et accueillent oiseaux et insectes.
  • Le rosier rugueux (Rosa rugosa) donne de gros fruits, mais il est considéré comme envahissant en Belgique, surtout dans les dunes : préférez les rosiers indigènes.
  • Uniquement des rosiers non traités : beaucoup de rosiers de jardinerie sont traités contre les maladies et les pucerons. Achetez des plants bio ou demandez au pépiniériste comment ils ont été cultivés.
  • Les épines : la plupart des chevaux les gèrent très bien, mais surveillez un jeune cheval ou un cheval qui a du mal à se servir de ses lèvres.
  • Les fruits : un complément, pas une ration. Une poignée de temps en temps suffit.
  • Pas de place pour planter ? Un rosier en grand pot, ou un rosier grimpant le long d'une clôture, apporte déjà un peu de verdure à brouter, même dans une pension.

Attention aux faux amis : seul le nom scientifique Rosa compte. Le laurier-rose n'est pas un rosier et il est mortel pour le cheval. La rose trémière et la « rose de Gueldre » (viorne obier) ne sont pas des rosiers non plus.

Charme ou hêtre : comment les distinguer, et lequel choisir ?

On les confond souvent, d'autant que le charme est parfois appelé « charmille » et que les deux font de belles haies taillées. Ce sont pourtant deux arbres de familles différentes.

  • La feuille : c'est le repère le plus sûr. Le charme a une feuille au bord finement dentelé, comme une scie, avec des nervures bien marquées qui la font paraître plissée. Le hêtre a une feuille au bord lisse et légèrement ondulé, bordée de petits poils fins, et plus brillante.
  • Les bourgeons : longs, pointus et bruns comme un petit cigare chez le hêtre ; petits et serrés contre le rameau chez le charme.
  • Les fruits : le hêtre donne des faînes, de petites noix triangulaires dans une enveloppe hérissée. Le charme donne des grappes de petites graines portées par une aile verte à trois lobes.
  • L'écorce : lisse et gris clair chez les deux, mais le tronc du charme est souvent cannelé, comme tordu, alors que celui du hêtre est bien rond.
  • En hiver : les deux gardent souvent leurs feuilles sèches quand ils sont jeunes ou taillés en haie, le hêtre plus nettement. Ce n'est donc pas un bon critère pour les distinguer.

Lequel choisir pour le cheval ? Le charme. Ses feuilles restent appétentes tout l'été, il n'est pas considéré comme à risque et ses branches de taille peuvent être données aux chevaux. Le hêtre n'est pas toxique, mais ses feuilles deviennent plus âpres au fil de la saison et ses faînes, mangées en quantité, peuvent donner des coliques. Si vous avez un hêtre, ne donnez pas ses branches quand elles portent des faînes, en fin d'été et en automne, et ne laissez pas les chevaux ramasser les faînes au sol (expérience de terrain et sources vétérinaires).

Feuilles de hêtre au bord lisse et ondulé, sans dents
Hêtre : feuille au bord lisse et ondulé, sans dents. Photo : AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0

À planter avec prudence

Le mûrier blanc (en arbre ou en têtard), l'orme champêtre et le micocoulier sont présentés comme comestibles pour le cheval par des pépiniéristes. Le mûrier est souvent cité comme un des arbres préférés des chevaux, avec des feuilles qui restent appétentes tout l'été, et il supporte bien la chaleur. Chez le cheval, c'est de l'expérience de terrain, sans étude publiée ; chez les vaches, le mûrier a une très bonne valeur. Plantez-les en complément, pas comme base de la haie.

Feuilles et mûres blanches de mûrier blanc
Mûrier blanc : feuilles larges et dentées, parfois lobées, et mûres blanches. Photo : Famartin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Le bambou (expérience de terrain) n'est pas réputé toxique et beaucoup de chevaux grignotent volontiers ses feuilles. Deux précautions : les jeunes pousses crues contiennent des composés qui libèrent du cyanure (c'est pour cela qu'on les cuit en cuisine), donc évitez que les chevaux s'en gavent au printemps ; et beaucoup de bambous sont traçants et envahissants, à contenir avec une barrière anti-rhizomes ou à remplacer par une variété qui pousse en touffe. Voir aussi la fiche bambou.

Le prunellier est piquant et appartient à la famille des cerisiers, dont les feuilles fanées peuvent devenir toxiques : mieux vaut l'éviter. Le sorbier, le châtaignier, le framboisier, le cassis et l'argousier sont trop peu documentés chez le cheval pour être conseillés ; le framboisier figure toutefois parmi les essences sûres d'une liste établie pour les ânes, sans données chez le cheval.

Et les arbres fruitiers ? Le pommier (expérience de terrain) convient : feuilles, bourgeons, rameaux et fruits sont mangés sans problème. Ramassez par contre les pommes tombées : elles sont sucrées, peuvent fermenter et sont à éviter pour un cheval sujet à la fourbure ou atteint du SME. Protégez aussi le tronc et le pied de l'arbre, que les chevaux écorcent et tassent. Le pommier sauvage, lui, divise : certaines listes équines le classent parmi les arbres toxiques, d'autres parmi les essences sûres. Plantez-le comme un fruitier, tronc protégé, plutôt qu'au cœur de la haie broutée. Les fruitiers à noyau (cerisier, prunier, pêcher, abricotier) restent, eux, hors de portée.

Deux pièges à connaître. Un arbre brouté n'est pas forcément sûr : les chevaux peuvent aussi grignoter du chêne, qui est toxique. Et les listes de haies fourragères prévues pour les vaches contiennent parfois du troène ou du robinier, toxiques pour le cheval.

Quelles essences exclure d'une haie accessible aux chevaux ?

Tout ce qui est toxique pour le cheval reste hors de portée, dans la haie comme en bordure du pré. Pensez aussi aux branches qui dépassent, aux feuilles qui tombent et aux graines qui volent.

  • If commun : très toxique, même en petite quantité.
  • Thuya et laurier-cerise : fréquents dans les haies de jardin voisines du pré.
  • Buis et troène.
  • Érable sycomore : ses graines et ses jeunes pousses causent la myopathie atypique.
  • Cerisier, merisier et prunier : leurs feuilles contiennent des composés qui libèrent du cyanure. Le danger est maximal quand les feuilles flétrissent : branche cassée par le vent, taille laissée au pré, gel tardif. Surveillez aussi la chute des feuilles en automne. Les feuilles vertes, l'écorce et les noyaux en contiennent aussi, même si le risque est moindre : gardez ces arbres hors de portée et ramassez toujours les branches tombées.
  • Robinier faux-acacia : écorce, graines et feuilles.
  • Chêne : surtout les jeunes feuilles et les glands verts (voir la fiche gland de chêne).
  • Houx : pourtant présent dans beaucoup de mélanges de haies champêtres.
  • Fusain, lierre et genêt.
  • Bourdaine et nerprun : les chevaux les broutent volontiers, ce qui ne les rend pas sûrs pour autant.
  • Noyer, marronnier et sureau.

Certaines listes trouvées en ligne conseillent le prunellier, le sureau ou l'amélanchier pour une haie à chevaux : le prunellier est un Prunus, dont les feuilles fanées sont dangereuses ; le sureau reste exclu par prudence ; l'amélanchier contient lui aussi des composés qui libèrent du cyanure, surtout dans ses jeunes feuilles et rameaux, et il est classé parmi les arbres toxiques pour le cheval.

La liste complète se trouve dans la rubrique plantes toxiques.

Comment organiser la plantation ?

Comptez environ un plant par mètre, sur une bande d'au moins 3 mètres de large.

  • Deux rangs en quinconce : la haie sera plus dense. Mélangez les essences locales.
  • Grands arbres : laissez au moins 8 mètres entre deux arbres de haut jet.
  • Le sol : préparez une bande d'au moins 1 mètre en fin d'été. Si vous le pouvez, enrichissez-la en matière organique jusqu'à un an avant de planter.
  • Le trou : environ trois fois le volume des racines. Trempez les racines dans un mélange d'eau, de terre et de crottin (le pralinage) avant de planter.
  • L'orientation : une haie mal placée peut accélérer le vent au lieu de le freiner. Tracez-la face aux vents dominants. En arc de cercle, elle crée un coin abrité et plus chaud.
  • La distance avec le voisin : en Belgique comme en France, comptez 2 mètres de la limite pour les arbres de plus de 2 mètres de haut, et 50 cm pour les haies et arbustes plus bas (article 3.133 du Code civil belge, article 671 du Code civil français). Une règle locale peut prévoir autre chose.

Quand planter une haie fourragère ?

Entre fin novembre et mars, quand les arbres sont au repos. En Wallonie, on conseille la Sainte-Catherine (fin novembre) : les racines ont le temps de s'installer avant l'hiver.

Évitez les jours de gel, de neige ou de sol détrempé.

Comment protéger les jeunes plants ?

Trois choses dès le premier jour : du paillage, une protection contre le gibier et une clôture contre les chevaux.

Paillage et arrosage

  • Paillez épais, environ 20 cm de matière organique (broyat, plaquettes, paille). Les herbes concurrentes restent à distance pendant trois ans. Le paillis peut toutefois attirer les campagnols.
  • Dégagez le collet : laissez 5 à 10 cm libres autour du pied, en anneau (« en donut »), jamais en tas contre le tronc (« en volcan »). Un paillis collé au tronc le fait pourrir.
  • Arrosez 5 à 10 litres par plant à la plantation, puis quelques gros arrosages espacés pendant les deux premiers étés.

Protections contre le gibier et les chevaux

  • Un manchon de 60 cm suffit contre les lapins ; il en faut 1,20 m contre les chevreuils.
  • Les chevaux écorcent les jeunes arbres. Placez la clôture assez loin pour qu'ils ne puissent pas atteindre l'écorce cou tendu. La clôture électrique reste la solution la plus fiable.
  • Évitez le grillage à poules autour des troncs : les chevaux l'arrachent et peuvent se blesser.

Passez voir la haie toutes les 4 à 6 semaines les trois premières années pour dégager les plants.

Comment faire brouter la haie sans l'épuiser ?

Laissez-lui quelques années pour s'installer, puis ouvrez l'accès petit à petit. Une clôture décalée, que vous rapprochez de temps en temps, permet de doser facilement.

Tailler les trois premières années

Tailler fait pousser : une haie taillée tôt devient plus dense et plus facile à brouter. Voici un rythme qui marche bien sur le terrain :

  • À la plantation : raccourcissez les plants, pour équilibrer les branches et les racines.
  • Le premier été : coupez de moitié les longues pousses de 30 à 40 cm. Chaque branche coupée en donne deux, et vos chevaux goûtent les premières tailles.
  • Le deuxième printemps : rabattez la haie à environ 60 cm du sol. Ensuite, chaque printemps, taillez environ 10 cm au-dessus de la taille précédente.
  • La forme : gardez la haie un peu plus étroite en haut qu'en bas, pour que la lumière atteigne les branches du bas.
  • L'hiver : laissez des branches à portée des chevaux, qui aiment les brouter. Reprenez la forme après l'hiver, avant le départ des bourgeons.

Ensuite, une taille à 1 ou 2 mètres de haut tous les 2 à 3 ans garde la haie dense et à portée de bouche. Taillez aussi les côtés que les chevaux n'atteignent pas, et donnez-leur les branches coupées. Vérifiez les règles locales : en France, la taille des haies agricoles est limitée du 16 mars au 15 août pour protéger les oiseaux nicheurs.

Et en hiver ?

Le hêtre et le charme gardent leurs feuilles sèches tout l'hiver : un petit fourrage d'appoint et un bon brise-vent. Les chevaux grignotent aussi rameaux, bourgeons et écorce. Un tronc écorcé sur tout son tour meurt : protégez les troncs et donnez plutôt des branches coupées d'essences sûres.

Pour aller plus loin, lisez les guides paddock à brouter, piste autour du pré et préparer son pré à la sécheresse. Les autres aménagements sont regroupés dans la rubrique Aménager.

Questions fréquentes

Un cheval peut-il manger des feuilles de noisetier ?

Oui, sans souci. Le noisetier est sûr pour le cheval et repousse bien quand il est brouté : c'est une très bonne base pour une haie. Seule précaution : les noisettes sont très caloriques. Pour un cheval en surpoids ou atteint du syndrome métabolique équin (SME), limitez l'accès à l'automne.

Peut-on planter du bambou dans un pré à chevaux ?

Oui, avec deux précautions. Ses feuilles ne sont pas réputées toxiques, mais les jeunes pousses crues contiennent des composés qui libèrent du cyanure : évitez que les chevaux s'en gavent au printemps. Et choisissez un bambou qui pousse en touffe, ou contenez-le avec une barrière anti-rhizomes, car beaucoup sont très envahissants.

Un cerisier au bord du pré est-il dangereux ?

Oui, surtout ses feuilles flétries : après une branche cassée, une taille laissée au pré ou un gel, elles libèrent du cyanure. Surveillez aussi la chute des feuilles en automne. Gardez l'arbre hors de portée et ramassez toujours les branches tombées.

Peut-on planter de l'érable champêtre près d'un pré ?

Il ne semble pas contenir la toxine du sycomore. Mais les érables se ressemblent beaucoup : si vous n'êtes pas sûr de l'identifier, choisissez une autre essence.

Une haie de thuya ou de laurier-cerise chez le voisin est-elle un risque ?

Oui, si vos chevaux peuvent l'atteindre ou si des tailles atterrissent dans le pré. Reculez la clôture et demandez gentiment au voisin de ne pas jeter ses déchets de taille de votre côté.

Quand planter une haie en Belgique ?

Idéalement fin novembre, autour de la Sainte-Catherine. Vous pouvez planter tout l'hiver, sauf par gel, sous la neige ou dans un sol détrempé.

Combien de temps protéger une haie neuve ?

Au moins trois ans. Gardez le paillage et la clôture tant que les plants ne sont pas assez hauts et que leur écorce n'est pas solide.

Quelles sont les meilleures essences pour une haie à chevaux ?

Le noisetier et l'aubépine en premier : ce sont les mieux connus chez le cheval. Ajoutez du saule marsault et de l'églantier, avec un peu de ronce en pied de haie. Pour l'ombre, plantez quelques grands arbres au pré : tilleul, frêne, aulne ou bouleau.

Le mûrier blanc convient-il à une haie pour chevaux ?

Des pépiniéristes le présentent comme comestible pour le cheval, et il supporte bien la sécheresse. C'est de l'expérience de terrain : aucune étude chez le cheval. Plantez-le en complément d'essences plus connues, en arbre ou en têtard.

Le sureau est-il dangereux pour les chevaux ?

Les avis divergent. Il contient des composés qui peuvent devenir toxiques, surtout en période de sécheresse. Par précaution, ne le plantez pas à portée des chevaux.

Le hêtre est-il dangereux pour les chevaux ?

Non, mais trop de faînes peuvent donner des coliques. Taillé en haie, il en produit peu. Réservez-le aux sols qui restent frais : il n'aime pas la sécheresse.

Quels arbustes planter dans un paddock paradise ?

Des arbustes sûrs que les chevaux peuvent brouter le long de la piste : noisetier, aubépine, saule marsault, églantier, charme et cornouiller, avec un peu de ronce en pied de haie. Pour une ombre rapide, ajoutez quelques bouleaux, saules ou trembles. Gardez hors de portée l'if, le thuya, le laurier-cerise, le buis, l'érable sycomore, le sureau et tous les Prunus, dont le prunellier.

Le prunellier est-il dangereux pour les chevaux ?

Par prudence, oui. Le prunellier, ou épine noire, est un Prunus, comme le cerisier et le prunier : ses feuilles fanées peuvent libérer du cyanure. Ses longues épines peuvent aussi blesser un œil. Certaines listes le jugent sûr, mais mieux vaut le garder hors de portée des chevaux.

Sources

Association française d'agroforesterie, Les fourrages ligneux, synthèse du projet SARBIVOR, 2024

Horse & Hound, Which trees should you plant in your horse's field? (liste de la British Horse Society)

Penn State Extension, Planting riparian buffers safe for horses

Penn State Extension, Trees in horse pastures

Rutgers University, Horse pasture management : toxic plants

Westermann et al., Hypoglycin A concentrations in maple tree species in the Netherlands, J Vet Intern Med, 2016

Service public de Wallonie, Gestion du frêne face à la chalarose

Chambre d'agriculture des Pays de la Loire (Mayenne), Pâturage des ligneux, 2020

Chambre d'agriculture des Hauts-de-France, Fiche plantation de haies

Département de la Haute-Garonne, Haies champêtres : guide technique

Wallonie, Yes We Plant : réussir et entretenir sa plantation de haie

Parc naturel régional du Pilat, Réussir sa plantation de haie, 2026

Réseau CIVAM, Plantation : itinéraire technique

New Forest National Park Authority, Horses, hedges and edges

Emile et al., INRAE Lusignan, valeur alimentaire des feuilles d'arbres (bovins)

Dengie, valeurs nutritives de plantes de haie (cheval, résultats indicatifs)

Klich et Grudzień, Belgian Journal of Zoology, 2013 (abroutissement par des chevaux en forêt)

ASPCA, Hawthorn

ASPCA, European holly

ASPCA, Basswood

Université vétérinaire de Vienne, plantes toxiques

Ashridge Trees, haies adaptées au bétail et aux chevaux

HorseDVM, Elderberry

Bethelot M., Levaillant C. M., Peyrille S., Descheemaker L., Arbres et équidés : des alliés oubliés, 2026

Union des Villes et Communes de Wallonie, distances de plantation (Code civil belge, article 3.133)

Légifrance, Code civil, article 671

Pépinière L'Arbre et Thom, Paillage : volcan ou donut ? (Instagram, 2026)

University of Florida IFAS Extension, Beware of volcano mulching, 2019

The Donkey Sanctuary, Safe trees for donkeys

The Donkey Sanctuary, Poisonous plants and trees

Majak W., Quinton D. A., Broersma K., Cyanogenic glycoside levels in Saskatoon serviceberry, Journal of Range Management, 1980

Gouvernement de l'Ontario, Les principales intoxications des chevaux dues aux plantes et leur investigation

Photo : Noisetier, Acabashi, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Photo : Aubépine, Hladac, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Photo : Saule marsault, Wildfeuer, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Photo : Églantier, Rosendahl, Wikimedia Commons, domaine public

Photo : Charme, AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0

Photo : Tilleul, AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0

Photo : Frêne, AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0

Photo : Aulne glutineux, AEngelhardt, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Photo : Bouleau, Joanna Boisse, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Photo : Mûrier blanc, Famartin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Photo : Hêtre, AnRo0002, Wikimedia Commons, CC0

Photo : A mixed hedgerow toward Foxholes, Martin Dawes, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

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