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Gland de chêne
L'Herboristerie Équine
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Plante toxique

Glands de chêne et cheval : le danger des automnes à glands

Quercus spp.

Beaucoup de prés sont bordés de chênes. La plupart des années, leurs glands ne posent pas de problème. Mais une forte glandée, ou un coup de vent qui fait tomber des glands encore verts, peut provoquer une intoxication grave, parfois mortelle.

Urgence

Votre cheval a des coliques, une diarrhée parfois sanglante ou urine anormalement après avoir eu accès à des glands ? Appelez le vétérinaire sans attendre et sortez les chevaux de la parcelle.

Votre vétérinaire d'abord. Centre Antipoisons (BE) 070 245 245, CNITV (FR) 04 78 87 10 40.

En bref

Oui, les glands de chêne (Quercus spp.) sont toxiques pour le cheval. Ils contiennent des tanins qui abîment le tube digestif et les reins. Le risque se concentre en automne : les années de forte glandée, ou quand un coup de vent fait tomber des glands encore verts, plus riches en tanins. Les signes (coliques, diarrhée parfois sanglante, sang dans les urines) apparaissent en 1 à 12 jours, et l'intoxication peut être mortelle.

Comment reconnaître le chêne et ses glands ?

Au bord des prés, en France comme en Belgique, on croise surtout deux chênes : le chêne pédonculé et le chêne sessile. Trois détails suffisent à les reconnaître :

  • Les feuilles : elles tombent en hiver et ont des lobes arrondis, sans dents pointues.
  • Les glands : ovales, verts puis bruns à maturité, posés dans une petite cupule écailleuse.
  • Le sol en automne : un tapis de glands et de cupules au pied de l'arbre, parfois encore verts après un coup de vent.
Glands de chêne verts et bruns tombés au sol avec leurs cupules
Glands tombés au sol à l'automne : verts, ils sont plus riches en tanins.
Rameau de chêne avec un gland vert et des feuilles à lobes arrondis
Feuilles lobées et gland : le chêne pédonculé, fréquent au bord des prés.

Pédonculé ou sessile : faut-il faire la différence ?

Chez le chêne pédonculé, les glands pendent au bout d'un long pédoncule et les feuilles ont une queue très courte. Chez le chêne sessile, c'est l'inverse : glands presque collés au rameau, feuilles à queue plus longue. Pour votre cheval, la différence compte peu : les deux causent des intoxications. Les jeunes chênes et le chêne pédonculé seraient un peu plus à risque. Tout chêne qui laisse tomber des glands dans un pré est à surveiller.

Pourquoi les glands de chêne sont-ils dangereux pour le cheval ?

Les glands, les bourgeons et les jeunes feuilles contiennent des tanins. Ces substances amères abîment la paroi du tube digestif et peuvent atteindre les reins. Les glands verts en contiennent plus que les glands mûrs.

On ne connaît pas de dose toxique précise : elle varie selon le chêne, l'année, le climat et le cheval. Les intoxications arrivent surtout quand un cheval mange beaucoup de glands plusieurs jours de suite.

Trois situations demandent plus d'attention :

  • Les années de forte glandée : elles reviennent environ tous les 3 à 5 ans.
  • Un coup de vent précoce : après un été sec, il fait tomber des glands encore verts.
  • Le printemps : quand l'herbe manque ou que des petites branches tombent, le cheval peut manger bourgeons et jeunes feuilles.

Certains chevaux prennent goût aux glands et les cherchent activement. Ce sont eux à surveiller en premier.

Quels sont les symptômes d'une intoxication aux glands ?

Les signes apparaissent en 1 à 12 jours. Parfois tout va très vite : le cheval est retrouvé mort, ou meurt peu après les premiers signes. Surveillez :

  • La digestion : coliques, constipation et diarrhée qui alternent, parfois avec du sang.
  • Les urines : le cheval urine souvent, il y a du sang dans les urines, ou il n'urine plus du tout. C'est le signe que les reins sont touchés.
  • L'état général : abattement, perte d'appétit.
  • Le cœur et la respiration : plus rapides que d'habitude.
  • Le comportement : parfois, le cheval mange de la terre ou du sable.

Les formes graves ont un pronostic sombre. Dans une série de 25 chevaux soignés pour cette intoxication, plus de la moitié n'ont pas survécu.

Que faire en urgence ?

  • Appelez le vétérinaire : dès les premiers signes, en lui disant qu'il y a des chênes et des glands dans le pré.
  • Sortez les chevaux : retirez-les tous de la parcelle, ou tenez-les loin des chênes.
  • Notez ce que vous avez vu : depuis quand les glands tombent et si le cheval en mange. Des glands retrouvés dans le crottin aident au diagnostic.
  • Demandez un avis toxicologique : en France, CNITV 04 78 87 10 40 ou CAPAE-Ouest 02 40 68 77 40, de 8 h 30 à minuit, 7 jours sur 7 ; en Belgique, Centre Antipoisons 070 245 245.

Il n'existe pas de traitement spécifique. Le vétérinaire soutient le cheval (perfusions, antidouleurs) et peut lui donner du charbon actif. La guérison prend parfois plusieurs semaines.

Comment protéger ses chevaux des glands de chêne ?

  • Observez la glandée : chaque automne, regardez la quantité de glands pour repérer les années chargées.
  • Suivez la météo : anticipez les coups de vent, surtout après un été sec.
  • Limitez l'accès : pendant la période à risque, changez les chevaux de parcelle si possible. Sinon, clôturez le pourtour des chênes ou ramassez les glands au pied des arbres.
  • Du foin à volonté : dès que l'herbe diminue.
  • Des abreuvoirs à l'écart : déplacez ceux qui sont sous les chênes ou près des haies.
  • Les gourmands sous l'œil : surveillez de près les chevaux qui recherchent les glands.

Retrouvez les autres plantes dangereuses dans notre guide des plantes toxiques pour le cheval.

Questions fréquentes

Quelques glands peuvent-ils tuer un cheval ?

On ne connaît pas de dose toxique précise : elle varie selon l'arbre, l'année et le cheval. Les intoxications graves arrivent surtout après une grosse consommation, plusieurs jours de suite. Un cheval qui mange beaucoup de glands doit quitter la parcelle, même s'il semble aller bien.

Les glands verts sont-ils plus dangereux que les glands mûrs ?

Oui. Ils contiennent plus de tanins. C'est pour cela qu'un coup de vent précoce, qui fait tomber des glands encore verts, augmente le risque.

Faut-il abattre les chênes autour du pré ?

Non. La plupart des années, les chênes ne posent pas de problème et ils donnent de l'ombre. Surveillez la glandée, clôturez ou ramassez les glands les années à risque, et ne laissez pas vos chevaux manquer d'herbe ou de foin.

Sources

RESPE, Les chênes parfois toxiques pour les équidés ; fiche chêne (2024).

Merck Veterinary Manual, Quercus Poisoning in Animals.

Numéros d'urgence : Ordre des vétérinaires, centres antipoison vétérinaires ; Centre Antipoisons belge, rapport annuel 2025.

Photos Wikimedia Commons : böhringer friedrich (CC BY-SA 3.0 AT) ; Steffen Prößdorf (CC BY-SA 4.0).

La lettre de l'Herboristerie

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