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Guide complet Printemps 2026:
phytothérapie, alimentation, protocoles et calendrier

Le printemps est probablement la saison qui exige le plus d'attention de la part des propriétaires. En quelques semaines, tout change : l'herbe repousse, les températures grimpent, les insectes réapparaissent, le pelage mue, et le cheval — après des mois de stabulation ou de pré nu — se retrouve confronté à une multitude de bouleversements simultanés. Bien géré, le printemps peut être une saison de regain d'énergie et de vitalité. Mal anticipé, il devient une période à haut risque de fourbure, de coliques, de dermite, d'engorgement ou de fatigue chronique.
Ce guide vous donne toutes les clés pour accompagner votre cheval à travers cette transition avec des outils naturels, des protocoles concrets et un calendrier pratique mois par mois.


Spécificités de l'hiver 2025-2026: quel impact pour les chevaux ?

L’hiver 2025-2026 en Belgique et dans une grande partie de la France a été globalement plus doux que la moyenne, mais marqué par une forte instabilité thermique : alternance régulière de périodes fraîches, redoux rapides et épisodes pluvieux, notamment en fin d’hiver. Contrairement à un hiver froid et sec, cette configuration n’a pas permis une véritable “mise au repos” métabolique. Les chevaux ont souvent dû s’adapter en permanence aux variations de température, ce qui sollicite davantage l’organisme qu’un froid stable.

Un métabolisme moins sollicité par le froid… mais plus instable
L’absence de longues périodes de gel a limité les dépenses énergétiques liées à la thermorégulation.
Conséquences possibles au printemps : reprise d’état plus rapide, stockage facilité chez les chevaux rustiques, sensibilité accrue aux sucres de l’herbe. Chez les chevaux sujets à la fourbure ou au syndrome métabolique équin, cette situation nécessite une vigilance renforcée dès les premières mises à l’herbe.

Alternance froid / soleil : impact sur les sucres de l’herbe
Les variations importantes entre nuits fraîches et journées ensoleillées favorisent l’accumulation de fructanes dans les jeunes pousses. En 2026, la combinaison hiver doux + fluctuations thermiques peut entraîner des pics de sucres solubles plus marqués au début du printemps, en particulier : après une nuit froide suivie d’une journée lumineuse, sur des prairies stressées par l’humidité hivernale. Cela augmente le risque digestif et métabolique chez les chevaux sensibles.

Pluviométrie hivernale et sols gorgés d’eau
La fin d’hiver relativement humide a laissé de nombreuses pâtures détrempées en sortie de saison. Les impacts possibles : sabots plus mous et plus fragiles, augmentation des cas de gale de boue, micro-inflammations liées aux terrains instables,repousse d’une herbe “stressée”, parfois plus concentrée en sucres. Une transition progressive vers l’herbe est donc particulièrement importante cette année.

Terrain inflammatoire et immunité
Un hiver humide et peu rigoureux ne joue pas le rôle d’“assainissement naturel” que peut avoir un froid sec prolongé.
On observe parfois au printemps :une immunité plus sollicitée, davantage de réactions cutanées, des engorgements persistants, une sensibilité digestive accrue. Adapter la gestion printanière en fonction des spécificités de l’hiver précédent permet de limiter les déséquilibres métaboliques et inflammatoires.


Ce qui se passe dans le corps de votre cheval au printemps

Une horloge biologique très précise
Le cheval est un animal profondément saisonnier, régi par la photopériode — c'est-à-dire la durée du jour. Dès que les jours allongent (à partir de fin janvier/début février), l'hypothalamus détecte l'augmentation de la lumière via la rétine et déclenche une cascade hormonale qui va modifier en profondeur le fonctionnement de l'organisme.

Les hormones en jeu
• La mélatonine diminue (moins de nuits longues), ce qui entraîne une activation de l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique.
• La FSH et la LH augmentent, relançant les cycles de reproduction chez les juments et activant la libido chez les mâles entiers.
• Les hormones thyroïdiennes s'activent, accélérant le métabolisme général — ce qui déclenche notamment la mue.
• Le cortisol fluctue davantage, rendant certains chevaux plus réactifs ou « chauds » en cette saison.

Cette activation hormonale globale explique pourquoi le cheval de printemps n'est pas le même animal que celui d'hiver : il est plus vif, plus sensible, parfois moins concentré au travail, et son système digestif se prépare à assimiler une alimentation radicalement différente.

Le microbiote intestinal, première victime du changement de saison
La flore intestinale du cheval est extrêmement spécialisée. Elle s'est adaptée tout au long de l'hiver à une alimentation à base de foin sec — riche en fibres longues, pauvre en sucres simples. Le passage à l'herbe fraîche représente un choc considérable pour cette flore.
• L'herbe jeune est riche en fructanes (sucres fermentescibles), en eau (70 à 85 % d'humidité contre 15 % pour le foin), et pauvre en fibres longues.
• Les bactéries cellulolytiques cèdent la place aux bactéries amylolytiques et fermentaires.
• Cette transition génère une production accrue d'acide lactique dans le caecum et le côlon, modifiant le pH intestinal.
• Les bactéries gram-négatives qui meurent libèrent des endotoxines qui peuvent passer dans la circulation sanguine et déclencher, entre autres, des laminites.

🌿  Ce mécanisme est fondamental pour comprendre pourquoi la transition à l'herbe doit être absolument progressive — et pourquoi un soutien de la flore intestinale avant et pendant ce passage est si précieux.

Le foie en première ligne
Après un hiver où le cheval a souvent reçu des compléments, des traitements antiparasitaires, et une alimentation moins variée, le foie arrive au printemps avec un travail de détoxification important à accomplir. Un foie surchargé se traduit par :
• Un poil terne et difficile à muer
• Une fatigue persistante malgré le regain de lumière
• Des réactions cutanées plus marquées (dermite, urticaire)
• Une digestion moins efficace


La transition à l'herbe : le défi numéro un

Pourquoi l'herbe de printemps est-elle si dangereuse ?
L'herbe de début de printemps —surtout entre début mars et mi-mai — est la plus concentrée en fructanes et englucides solubles de toute l'année. Plusieurs facteurs expliquent cette concentration.
La photosynthèse en excès : les températures fraîches ralentissent la croissance de la plante, mais la photosynthèse est déjà très active grâce à l'allongement des jours. La plante fabrique des sucres plus vite qu'elle ne les consomme et les stocke dans les tiges et les feuilles basses.
Les gelées nocturnes : une nuit froide après une journée ensoleillée provoque une forte accumulation de fructanes. C'est la combinaison « nuit gelée + matin ensoleillé » qui produit les pics de sucres les plus dangereux.
L'herbe courte : paradoxalement, l'herbe rase est plus concentrée ensucres que l'herbe haute. Un pré « ras » de début de saison est souvent bien plus dangereux qu'un pré avec une herbe plus longue.

Le protocole de transition idéal
Semaine 1 : 15 à 20 minutes de pâturage par jour, idéalement en finde matinée (éviter le matin tôt où les sucres sont encore élevés). Garder l'accès au foin à volonté. Toujours sortir un cheval qui a déjà du foin dans l'estomac.
Semaine 2 : 30 à 45 minutes de pâturage, en 1 à 2 sorties. Continuer le foin.
Semaine 3 : 1 à 1h30 de pâturage, observation des selles (leur aspect doit rester normal).
Semaine 4 : 2 à 3 heures de pâturage. À ce stade, la flore intestinale commence à s'adapter.

Signaux d'alerte à surveiller
•     Selles très molles ou diarrhée → ralentir la transition
•     Cheval qui « colle » après le retour en box → risque colique, surveiller
•     Pieds légèrement chauds au niveau des sabots → risque fourbure
•     Comportement inhabituellement agité après la sortie → indicatif d'inconfort digestif

Soutien phytothérapique de la transition
La camomille : antispasmodique et carminative (elle réduit la formationde gaz), c'est la plante de référence pour accompagner les changements alimentaires. Dosage : 20 à 30 g par jour pour un cheval adulte de 500 kg, encure pendant les 3 à 4 semaines de transition.
Le fenouil : action carminative plus puissante sur les fermentations, particulièrement indiqué pour les chevaux sujets aux coliques gazeuses. Dosage: 15 à 20 g par jour.
Le psyllium: ses mucilages créent un gel dans l'intestin qui ralentit le transit, tamponnent les acides produits par la fermentation des fructanes, et préviennent les sables intestinaux. 1 à 2 cuillères à soupe par jour pendant3 à 4 semaines.


La fourbure de printemps : comprendre et prévenir

Mécanisme de la laminite liée aux fructanes
La fourbure (laminite) de printemps est l'une des urgences vétérinaires les plus fréquentes de la saison. Quand un cheval ingère une quantité excessive de fructanes, ces sucres arrivent en masse dans le caecum et le côlon. Ils provoquent une acidification brutale de la flore, une lyse bactérienne massive, et la libération d'endotoxines et d'exotoxines. Ces substances passent dans le sang et provoquent une perturbation de la microcirculation dans les lamelles sensitives du pied. L'inflammation est telle qu'elle peut causer une véritable ischémie locale, entraînant la mort des tissus et, dans les cas graves, la rotation ou l'enfoncement de P3.

Les profils à risque
•     Les poneys et races rustiques (Shetland, Fjord, Haflinger, Connemara…) : leur métabolisme a évolué pour utiliser des ressources pauvres. Face à une herbe riche, ils stockent très efficacement jusqu'à créer une résistance à l'insuline.
•     Les chevaux en surpoids : une crête de l'encolure épaisse et dure est un signe d'insulinorésistance.
•     Les chevaux atteints de PPID (syndrome de Cushing) : cette dysfonction provoque une sécrétion excessive d'ACTH qui perturbe le métabolisme du glucose.
•     Les chevaux ayant déjà eu une fourbure : les lamelles sensitives ne récupèrent jamais totalement.

Stratégies de prévention naturelle
Gérer l'accès au pré
•     Sortir le cheval à risque après 10h du matin et avant 16h (concentrations en fructanes plus basses)
•     Éviter les sorties les matins après une nuit froide et une journée ensoleillée
•     Utiliser un panier anti-glouton pour les poneys ou les chevaux très gourmands
•     Créer un paddock de sacrifice pour les sorties quand l'herbe est trop riche
•     Limiter le temps de pâturage à 1h à 2h maximum en début de saison

Plantes soutien
La bardane : léger effet hypoglycémiant dû à sa teneur en inuline, un prébiotique qui ralentit l'absorption des sucres. Particulièrement indiquée pour les chevaux insulinorésistants. Dosage : 20 à 30 g de racine séchée parjour.
La cannelle : propriétés intéressantes sur la sensibilité à l'insuline. Dosage : 5 à 10 g par jour.

⚠️  La fourbure est une urgence vétérinaire. Dès les premiers signes (appui en talons, chaleur des sabots, pouls digital augmenté), appelez votre vétérinaire sans attendre.


La mue de printemps : soutenir l'organisme

Ce que cache la mue
La mue de printemps est un processus physiologique de grande envergure qui mobilise des ressources considérables. Les besoins en kératine augmentent fortement. La kératine nécessite un apport important en acides aminés soufrés (méthionine, cystéine), en zinc, en biotine et en silicium. Si ces nutriments manquent, la mue sera lente, incomplète, et le nouveau poil aura un aspect terne. Le foie est sollicité pour dégrader le vieux poil et synthétiser les nouveaux constituants du pelage. L'énergie est divisée entre thermorégulation, mue et reprise du travail.Certains chevaux semblent « mous » en début de printemps — leur organisme a d'autres priorités.

Signes d'une mue difficile
•     Mue incomplète ou très tardive (encore des plaques de poil d'hiver en mai)
•     Nouveau poil terne, piqué, cassant
•     Pellicules ou desquamation cutanée excessive
•     Fatigue générale, manque d'entrain
•     Sabots qui poussent mal ou se cassent davantage

Le protocole nutritionnel de la mue
L'ortie (50 à 80 g/jour) : richesse exceptionnelle en silice, fer, zinc, magnésium, vitamines B, C et K. La silice renforce la structure de la kératine, le fer prévient l'anémie printanière, le zinc est indispensable à la différenciation cellulaire dans les follicules pileux. Cure de 4 à 6 semaines à commencer dès début mars.
La levure de bière (30 à 50g/jour) : riche en vitamines B (notamment la biotine, vitamine du poil et des sabots), en acides aminés et en zinc. Agit en synergie avec l'ortie.
La bardane (20 à 30 g/jour) : dépurative et anti-inflammatoire, aide à éliminer les toxines qui peuvent ralentir ou perturber la mue.
Huile de lin (50 à 100 ml/jour): source d'oméga-3, améliore nettement la brillance et la souplesse du nouveau poil.
🌿  Association recommandée : Ortie + levure de bière + huile de lin, pendant 6 semaines à partir de début mars. Ajouter la bardane si la peau est réactive ou desquamante.


Dermite estivale récidivante : agir avant les premiers insectes

Comprendre la dermite estivale
La dermite estivale récidivante (DER) est une allergie hypersensibilité aux piqûres du moucheron Culicoides (et parfois de Simulium ou de Stomoxys). C'est une réaction immunitaire de type I à des antigènes présents dans la salive de ces insectes. La DER ne guérit pas : on peut seulement la gérer et minimiser ses effets.

Signes de dermite
•     Prurit intense, surtout en crinière, queue, ventre, et bords des oreilles
•     Croûtes et desquamation
•     Dépilation locale par le frottement
•     Plaies d'automutilation dans les cas sévères
•     Irritabilité et agitation accrue aux heures d'activité des insectes (aube, crépuscule)

La fenêtre d'action préventive : mars-avril
Le traitement est beaucoup plus efficace commencé AVANT la réapparition des insectes, idéalement en mars, soit 6 à 8 semaines avant les premières piqûres. L'approche préventive vise à : réduire l'état inflammatoire de base de la peau, renforcer la barrière cutanée, et moduler la réponse immunitaire.

Protocole anti-dermite par voie interne
L'ortie (60 à 80 g/jour) : propriétés antihistaminiques démontrées. Elle inhibe lalibération d'histamine et de cytokines pro-inflammatoires. Plante pivot de la prévention interne de la dermite. En cure continue de mars à fin octobre.
La bardane (25 à 30 g/jour) : dépure le sang et soutient l'élimination cutanée destoxines. Réduit l'état inflammatoire basal.
La pensée sauvage (20 à 30g/jour) : saponines et flavonoïdes auxpropriétés anti-inflammatoires et anti-prurigineuses. Remarquablement efficacesur les maladies de peau à composante allergique.
L'ail en poudre (5 à 10 g/jour): ses composés soufrés seraient excrétéspar la peau et décourageraient les moucherons. Nombreux retours positifs depropriétaires.
Huile de lin (50 à 100 ml/jour): renforce la barrière cutanée lipidiqueet a des propriétés anti-inflammatoires systémiques.

Gestion de l'environnement
•     Éviter de mettre le chevalau pré à l'aube et au crépuscule (pic d'activité des Culicoides)
•     Les Culicoides ne volentpas quand il y a du vent : les pâturages ventilés sont moins dangereux
•     Éviter les proximités depoints d'eau stagnante (mares, marais) où les moucherons se reproduisen
•     Pour les cas sévères :couverture + cagoule anti-insectes avant le lever du soleil


Engorgements printaniers : circulation et soutien veineux

Au printemps, la reprise de l’activité, l’herbe riche en protéines et les premières chaleurs favorisent l’apparition d’engorgements des membres. Le système lymphatique et veineux, sollicité après l’hiver, peine à assurer le retour veineux, surtout chez les chevaux peu mobiles ou en surpoids.

Causes principales : reprise du travail trop rapide, séjours prolongés en boxes, herbe riche en protéines, chaleur et vasodilatation. Un engorgement bilatéral et indolore qui se résorbe à l’exercice est bénin. Un engorgement unilatéral, chaud et douloureux avec boiterie nécessite l’avis d’un vétérinaire.

Plantes veinotoniques recommandées
Vigne rouge 20–30 g/jour (OPC veinotoniques, renforce la paroi capillaire, anti-inflammatoire vasculaire).
Marron d’Inde 10–15 g/jour d’extrait standardisé (escine, réduit la perméabilité capillaire).
Ortie 50 g/jour (silice, tonus des tissus conjonctifs). Cure de 3à 4 semaines dès les premiers signes.

Gestion physique complémentaire
Travail régulier même court (20–30 min de pas suffit), bandages de repos la nuit, douches froides ascendantes sur les membres après l’exercice, massage effleurage de bas en haut. Augmenter la charge progressivement : pas plus de 10–15 % de volume par semaine.

Comportement et mental : gérer le cheval « chaud » du printemps

L’agitation printanière est physiologique. La photopériode croissante stimule les hormones sexuelles (LH, FSH), le cortisol basal augmente, et les sucres de l’herbe nouvelle induisent des pics d’énergie. Les juments en chaleurs, les entiers et les chevaux configués en boxe l’hiver sont particulièrement concernés.

Plantes apaisantes recommandées
Camomille 30–40 g/jour (agit sur les récepteurs GABA, réduit l’anxiété, antispasmodique digestif).
Mélisse 20–30 g/jour (plus puissante que la camomille sur le stress, inhibe la dégradation du GABA).
Valériane 10–15 g/jour (efficace mais interdit en compétition FEI). Magnésium 5–10 g/jour (déficit fréquent au printemps, contribue à l’irritabilité musculaire et nerveuse).

Conseils de gestion
Augmenter le temps de pâture pour dépenser l'énergie naturellement, fractionner les séances de travail (2 x 30 min plutôt que 1 x 60 min), privilégier le travail en extérieur, maintenir une routine stable. Pour les juments en chaleurs : la framboise feuille 30 g/jour aide à réguler le cycle et réduire l'inconfort.

Insectes et protection naturelle : agir avant l’infestation

Dès avril, les culicoïdes (responsables de la dermite), les taons, les mouches et les moustiques font leur apparition. La protection commence bien avant les premiers vols : un cheval dont le système immunitaire est préparé et la peau en bonne santé réagit beaucoup moins violemment aux piqûres. Suite à l'hiver pluvieux, commencer la prévention dès fin mars, surtout si les températures franchissent rapidement les seuils favorables aux insectes.

Approche interne (répulsif de l’intérieur)
Ail en poudre 5–10 g/jour, les composés sulfurés sont éliminés par la peau et agissent comme répulsif.
Levure de bière 20–30 g/jour, riche en vitamines B qui modifient l’odeur cutanée.
Vinaigre de cidre 50–80 ml/jour dans l’eau ou sur le foin, acidifie l’organisme et répulse certains parasites.
Ces approches internes sont complémentaires et non substitutives aux protections physiques.

Protection physique et externe
couverture anti-mouches avec protection encolure et ventre, masque anti-insectes.
Spray répulsif maison : 200 ml de Vinaigre de cidre et eau + huile essentielle de lavande vraie 20 gouttes + HE géranium rosat 10 gouttes + HE citronnelle 20 gouttes
Appliquer sur les zones exposées matin et soir. Sortir aux heures de faible activité des insectes (milieu de journée, vent).

La cure de drainage printanier

Cure de printemps : drainer et rééquilibrer

Objectifs
Aider le foie et les reins à éliminer les toxines accumulées
Réguler la digestion face au changement d’herbe
Préparer le cheval aux insectes et allergies
Plantes phares de la cure de printemps
Ortie & Bardane : peau, poil, remineralisation
Pissenlit : reins & digestion
Chardon-Marie : soutien du foie
Artichaut : drainage hépatique

Pourquoi drainer au printemps
Après l'hiver, plusieurs systèmes d'élimination ont été mis à rude épreuve : le foie a métabolisé les traitements hivernaux (vermifuges, antibiotiques), les reins ont fonctionné avec moins d'eau fraîche, et le système lymphatique — moins sollicité par le mouvement —est moins efficace. Une cure de drainage de 3 à 4 semaines aide ces systèmes à redémarrer efficacement.

Les plantes du drainage printanier
Le pissenlit (40 à 60 g/jour) :feuilles diurétiques (drainage rénal) et racine cholagogue (drainage hépatique). La plante la plus polyvalente du drainage.
L'artichaut (30 à 50 g/jour) : la cynarine stimule la synthèse et l'excrétion de bile,améliore la régénération des hépatocytes, et réduit les lipides sanguins. Idéal après des traitements lourds ou pour les sujets en surpoids.
Le chardon-marie (10 à 20g/jour) : la silymarine protège les membranes des hépatocytes contre les toxines et accélère la régénération hépatique. À associer à un peu d'huile (la silymarine est liposoluble).`
L'ortie (50 g/jour) : plante pivot qui complète le drainage par son action reminéralisante et diurétique douce.


Protocoles par profil : adapter la cure printanière à chaque cheval

Cheval adulte en bonne santé : cure de drainage 3 semaines (pissenlit + chardon-marie + ortie), transition herbe sur 4 semaines, soutien mue (ortie + levure de bière), prévention insectes dès avril. Aucune restriction particulière.

Poney ou cheval en surpoids / à risque fourbure : accès herbe très progressif (max 15 min/jour les 2 premières semaines), panier si nécessaire, ration pauvre en sucres, plantes hypoglyciques : cannelle 5 g/jour, fenugrec 20 g/jour (attention : interdit en compétition), noyer feuilles 10–15 g/jour. Surveiller l'indice corporel chaque semaine.

Cheval senior (15 ans et plus) : même cure drainage mais doses réduites de 20–25 %, soutien articulaire maintenu (harpagophytum, curcuma), vigilance accrue sur la mue (le senior mue plus lentement), contrôle dentaire avant la saison, alimentation adaptée si difficultés de mastication.

Jument gestante ou allaitante : drainage doux uniquement (pissenlit autorisé avec prudence, éviter chardon-marie et artichaut au 1er trimestre), soutien mue avec ortie (riche en fer et calcium), ration énergétique augmentée de 20–30 % pour la lactation, acides aminés essentiels (lysine, méthionine). Aucune plante à effets hormonaux (houblon, trèfle rouge). Toujours valider avec le vétérinaire.

Calendrier pratique : que faire en mars, avril et mai ?

Mars : démarrer la cure de drainage (pissenlit + chardon-marie + artichaut) dès début mars avec une attention particulière aux chevaux restés en stabulation longue suite aux épisodes pluvieux de février 2025. Commencer le soutien anti-dermite interne (ortie + bardane + ail), bilan de santé (dentiste vermifugation, vaccins), préparer la transition herbe (maintenir le foin ad libitum). Début de mue : ajouter ortie + levure de bière + biotine.

Avril : transition herbe semaines 2–3 pour les chevaux au boxe l'hiver, surveiller les pieds et signes de fourbure, mettre en place la protection insectes (couverture + spray), adapter le travail si le cheval est plus excitable. Fin de cure drainage.

Mai : cheval adapté à l’herbe, accès libre selon tolérance, maintenir protection insectes toute la saison, soutien veineux si engorgements. Bilan mue : le nouveau poil d’été doit être brillant et dense. Programmer la vermifugation estivale après coproscopie.

Les plantes clés

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L’Ortie
L’ortie est l’une des plantes les plus polyvalentes de la phytothérapie équine : remineralísante, anti-inflammatoire, soutien de la peau et des articulations, aide à la lactation. Guide complet avec mécanismes d’action, dosages par profil, associations et sourcing.
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La Bardane
La bardane (Arctium lappa) est une plante souvent négligée, mais qui détient des propriétés miraculeuses pour la santé des chevaux. Originaire d'Europe, la bardane est une alliée précieuse que chaque propriétaire de cheval devrait connaître.
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Le Pissenlit
Le pissenlit (Taraxacum officinale), une plante souvent considérée comme une "mauvaise herbe" envahissante, est en réalité une source précieuse de bienfaits pour la santé de votre cheval. Cette plante, reconnaissable à ses fleurs jaunes éclatantes et à ses feuilles dentelées, est largement répandue en Europe dans les prairies, les champs et le long des chemins.
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La Camomille
La camomille est une plante médicinale renommée pour ses multiples propriétés bénéfiques, notamment chez les chevaux. Appréciée depuis l’Antiquité, cette plante douce, mais puissante, est un incontournable de la trousse de soins naturels pour les équidés, idéale pour soigner et soulager les troubles digestifs, les états de stress et d'anxiété, les inflammations cutanées ou encore les douleurs liées aux troubles musculosquelettiques.
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L'Artichaut
L'artichaut (Cynara cardunculus), bien connu dans nos assiettes, est une plante aux vertus exceptionnelles pour les chevaux. Originaire de la région méditerranéenne, l'artichaut regorge de bienfaits souvent méconnus en phytothérapie équine.
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Le Chardon-Marie
La phytothérapie équine offre de nombreuses solutions naturelles pour le bien-être des chevaux, parmi lesquelles le Chardon Marie (Silybum marianum) se distingue par ses vertus exceptionnelles. Cette plante médicinale est réputée pour ses effets bénéfiques sur le foie des équidés.

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Recettes maison pour le printemps

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Questions fréquentes sur le cheval au printemps

Comment éviter les coliques de printemps ?

Introduire l’herbe jeune très progressivement, garder du foin, et utiliser des plantes digestives (fenouil, camomille).

Comment limiter le risque de fourbure ?

Restreindre l’accès à l’herbe riche en fructanes (sorties limitées, panier si nécessaire), surveiller le poids et privilégier une ration pauvre en sucres.

Quelles plantes pour accompagner la mue de printemps ?

Ortie, bardane et levure de bière sont les alliées de la peau, du poil et des sabots.

Comment prévenir la dermite estivale récidivante ?

Commencer une cure interne dès mars (ortie, bardane, ail) et protéger le cheval avec une couverture anti-insectes et des soins apaisants externes peut limiter les effets et l'impact de la maladie.

Comment travailler son cheval au printemps ?

Reprendre progressivement, avec un échauffement plus long. Attention aux chevaux “chauds” → camomille ou mélisse peuvent aider à réguler le mental.

Peut-on donner plusieurs plantes en même temps au printemps ?

Oui, l’association est même recommandée pour couvrir plusieurs objectifs simultanément. Une formule classique de printemps : ortie (mue + drainage) + pissenlit (reins) + chardon-marie (foie) + camomille (digestion et nervosité). Eviter de dépasser 5–6 plantes simultanément et observer le cheval les premiers jours. En cas de selles molles ou d’urines très foncées, réduire les doses.

Combien de temps dure une cure de drainage printanière ?

Une cure de drainage printanière dure idéalement 3 à 4 semaines en continu, démarrée en mars. Les premiers effets visibles (poil plus brillant, urines plus claires, selles normalisées) apparaissent généralement après 10–14 jours. Une pause de 2 semaines est conseillée avant une éventuelle deuxième cure si nécessaire.

Mon cheval a eu une fourbure l’an dernier, que faire différemment ce printemps ?

Un antécédent de fourbure impose une vigilance maximale : transition herbe sur 6 semaines minimum (et non 4), panier à foin perforé si tendance surpoids, bilan ACTH pour exclure un Cushing sous-jacent, plantes hypoglyciques dès mars (cannelle + fenugrec). Informer le maréchal pour un parage adapté avant la saison. En cas de doute, privilégier un accès en paddock pauvre plutôt qu’au pré.

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