

Plante toxique
Nerium oleander
Planté en haie dans le Midi et cultivé en pot sur les terrasses plus au nord, le laurier-rose est l'une des premières causes d'intoxication par une plante chez les équidés. Quelques feuilles, vertes ou sèches, peuvent suffire à arrêter le cœur d'un cheval.
Urgence
Votre cheval a mangé du laurier-rose, a eu accès à des déchets de taille ou a bu une eau où trempaient des feuilles ? Appelez immédiatement le vétérinaire, même si le cheval semble normal.
Votre vétérinaire d'abord. Centre Antipoisons (BE) 070 245 245, CNITV (FR) 04 78 87 10 40.
En bref
Oui, le laurier-rose (Nerium oleander) est mortel pour le cheval. Toute la plante contient des toxines qui agissent sur le cœur, surtout l'oléandrine, et elle reste toxique une fois séchée. Quelques feuilles peuvent suffire à tuer un cheval adulte. La mort peut survenir en quelques heures, voire en quelques minutes, par arrêt cardiaque. Le danger ne se limite pas au sud de la France : un laurier-rose en pot sur une terrasse ou près de l'écurie expose aussi les chevaux.
Le laurier-rose est un arbuste toujours vert, venu du bassin méditerranéen. En pleine terre, il mesure 2 à 5 m. Quatre détails permettent de le reconnaître :


Très planté en haies et en bordures dans le sud de la France, il est surtout cultivé en pot ailleurs en France et en Belgique. Sur une terrasse, dans une cour d'écurie ou au bord d'un paddock, il se retrouve vite à portée des chevaux.
Le mot « laurier » désigne des plantes sans lien entre elles :
Les feuilles étroites et allongées du laurier-rose et ses grandes fleurs en trompette suffisent à le distinguer. En cas de doute, considérez l'arbuste comme toxique.
Le laurier-rose contient des toxines qui agissent sur le cœur, surtout l'oléandrine. Elles renforcent les contractions du cœur et dérèglent son rythme, jusqu'à l'arrêt cardiaque. Les feuilles sont les plus riches en toxines, et celles-ci passent aussi dans le lait des juments.
Toute la plante est toxique, verte ou sèche. Ses feuilles fraîches, dures et amères, sont rarement broutées sur pied. En séchant, elles perdent de leur amertume mais restent toxiques. La plupart des intoxications viennent donc de déchets de taille laissés au pré, de feuilles tombées dans un abreuvoir ou d'un foin contaminé.
Il en faut très peu : quelques feuilles peuvent suffire à tuer un cheval adulte. Dans une série de 30 équidés intoxiqués, environ la moitié sont morts.
Le cheval est souvent retrouvé mort sans avoir montré de signes. Quand des symptômes apparaissent, on observe :
La mort peut survenir en quelques heures, voire en quelques minutes, par arrêt du cœur. Chez certains chevaux, la maladie dure plusieurs jours et touche aussi les reins.
Il n'existe pas de traitement courant qui neutralise ces toxines chez le cheval. Le vétérinaire surveille le cœur et soutient le cheval. Un cheval qui n'a pas avalé une dose mortelle peut se rétablir, mais le pronostic reste réservé.
Retrouvez les autres plantes dangereuses dans notre guide des plantes toxiques pour le cheval.
Oui. Il reste toxique une fois séché, et ses feuilles sèches sont moins amères, donc plus faciles à avaler. Des feuilles tombées dans le foin, dans l'herbe haute ou dans un abreuvoir restent dangereuses.
Oui, s'il est à leur portée ou si ses feuilles peuvent tomber dans un abreuvoir ou dans le fourrage. Sur une terrasse proche des boxes, dans une cour d'écurie ou au bord d'un paddock, mieux vaut l'éloigner ou le remplacer.
Très peu : quelques feuilles peuvent suffire pour un cheval adulte. Les chiffres précis varient selon les sources. Il n'existe pas de quantité sans danger, et toute ingestion justifie un appel immédiat au vétérinaire.
Sources
RESPE, Le laurier rose, plante toxique pour les équidés ; fiche laurier-rose (2024).
Sykes C.A. et al., Renal Lesions in Horses with Oleander (Nerium oleander) Poisoning, Animals (2022).
Turner J.L., université d'État du Nouveau-Mexique, Oleander Poisoning of Horses, guide B-712 (2023).
Kentucky Equine Research, Oleander: Avoidable Cause of Colic and Death in Horses (synthèse de Renier A.C. et al., JAVMA, 2013).
Centre Antipoisons et Jardin botanique national de Belgique, Plantes. Un autre regard.
Numéros d'urgence : Ordre des vétérinaires, centres antipoison vétérinaires ; Centre Antipoisons belge, rapport annuel 2025.
Photos Wikimedia Commons : Alvesgaspar (CC BY 2.5) ; Tangopaso (Domaine public).