

Plante toxique
Acer pseudoplatanus
Ses graines et ses jeunes pousses contiennent une toxine qui détruit les muscles du cheval. Le danger se concentre à l'automne et au printemps, dans les prés bordés d'érables.
Urgence
Votre cheval est raide, faible ou urine foncé ? Appelez le vétérinaire immédiatement. Ne le faites pas marcher, couvrez-le et retirez les autres chevaux du pré.
Votre vétérinaire d'abord. Centre Antipoisons (BE) 070 245 245, CNITV (FR) 04 78 87 10 40.
En bref
L'érable sycomore (Acer pseudoplatanus) et l'érable negundo (Acer negundo) contiennent de l'hypoglycine A. Cette toxine provoque la myopathie atypique, une maladie des muscles souvent mortelle. L'érable plane et l'érable champêtre ne sont pas reconnus comme toxiques, mais dans le doute, traitez tout érable comme dangereux. Le risque est le plus fort d'octobre à décembre (graines) et de mars à mai (jeunes pousses).
Quatre érables sont courants en Belgique et en France. Deux sont toxiques pour le cheval : l'érable sycomore et l'érable negundo. Les deux autres, l'érable plane et l'érable champêtre, ne sont pas reconnus comme toxiques. Pour les distinguer, regardez la feuille, la forme des graines ailées (les samares) et, en hiver, la couleur des bourgeons.
Sa feuille a cinq lobes pointus, aux dents émoussées, séparés par des creux en angle aigu. Elle tient au rameau par une longue queue (le pétiole) et son dessous est vert glauque. Les deux ailes des samares forment un V serré et la graine est bien ronde et renflée. Ses bourgeons sont verts.



Il ne ressemble pas à un érable : sa feuille est faite de plusieurs petites feuilles ovales et dentées (les folioles), comme celle du frêne. Les ailes de ses samares forment aussi un angle aigu. C'est une espèce exotique, souvent plantée en ville et au bord des rivières.


Sa feuille a cinq lobes terminés par des dents longues et pointues, séparés par des creux arrondis. Les ailes des samares sont très ouvertes, en angle obtus, et la graine est aplatie. Ses bourgeons sont teintés de rouge.
Une étude aux Pays-Bas n'a pas trouvé la toxine dans les échantillons d'érable plane et champêtre analysés (graines, feuilles et bourgeons). C'est rassurant, mais ce n'est pas une garantie.


Sa feuille est petite, à lobes arrondis et aux bords lisses. Ses samares sont plus petites que celles du plane, avec des ailes alignées à plat, presque à l'horizontale. On le trouve souvent dans les haies.


En hiver et au printemps, regardez les bourgeons : verts chez l'érable sycomore, teintés de rouge chez l'érable plane. C'est le repère le plus fiable sur le terrain.
À l'automne, ramassez une samare et observez deux choses :
Chez l'érable champêtre, les samares sont plus petites et leurs ailes s'alignent presque à l'horizontale.
Combinez au moins deux critères, feuille comprise, avant de conclure. Parmi ces érables, seuls le sycomore et le negundo sont reconnus comme toxiques : tenez-les à l'écart des chevaux.
Dans le doute, considérez l'arbre comme toxique et faites-le identifier. Le frêne, le platane et le liquidambar ressemblent aux érables, mais ils ne sont pas connus pour provoquer la myopathie atypique.
Sa toxine, l'hypoglycine A, empêche les muscles de produire leur énergie. Tous les muscles sont touchés, y compris le cœur et ceux qui servent à respirer. Ce que l'on sait vient de cas observés chez le cheval.
Tout l'arbre est toxique, mais les intoxications viennent surtout des samares à l'automne et des jeunes pousses au printemps. Il n'existe pas d'antidote : le vétérinaire soutient le cheval, et ce traitement est d'autant plus utile qu'il commence tôt.
En Belgique, vous pouvez déclarer le cas au réseau de surveillance de la myopathie atypique de l'Université de Liège.
Le risque monte quand l'herbe manque : un cheval qui a assez à manger trie davantage.
Pour aller plus loin sur la maladie elle-même (saisons à risque, signes d'alerte, prévention au pré), lisez notre guide de la myopathie atypique.
Non. Parmi les érables courants, seuls l'érable sycomore et l'érable negundo sont reconnus comme toxiques. Pour le plane et le champêtre, la toxine n'a pas été trouvée dans les échantillons analysés ; dans le doute, traitez l'arbre comme toxique. Pour les distinguer : la feuille, l'angle des ailes des samares et, en hiver, les bourgeons (verts chez le sycomore, teintés de rouge chez le plane).
Pas forcément. Clôturer sous les arbres et donner du foin en saison à risque réduit fortement le danger. Mais l'arbre sème aussi au-delà de sa couronne.
Oui, si la prairie de fauche est bordée d'érables. Posez la question à votre fournisseur.
Sources
RESPE, Les érables, parfois toxiques pour les équidés ; fiche érable (2024).
Université de Liège, Myopathie atypique : cause de la maladie.
Votion et al., Animals (2020).
Westermann C. M. et al. (2016). Hypoglycin A concentrations in maple tree species in the Netherlands and the occurrence of atypical myopathy in horses. Journal of Veterinary Internal Medicine, 30(3), 880-884.
Jardin botanique de l'Université de Fribourg (2016). Les érables du Jardin botanique de Fribourg (PDF).
Trees and Shrubs Online : Acer pseudoplatanus ; Acer platanoides ; Acer campestre.
Woodland Trust : Sycamore ; Norway maple.
Photos Wikimedia Commons : Abraham (CC BY-SA 4.0) ; Auró (CC BY-SA 3.0) ; Krzysztof Ziarnek, Kenraiz (CC BY-SA 4.0) ; David J. Stang (CC BY-SA 4.0) ; Gmihail (CC BY-SA 3.0 rs) ; Liné1 (CC BY-SA 3.0) ; AnemoneProjectors (CC BY-SA 2.0).