En bref
Un paddock à brouter associe des pistes, des haies d'essences sans danger et des zones séparées pour le repos, le foin et l'herbe. Commencez par retirer les plantes toxiques comme l'if, l'érable sycomore, le thuya ou le laurier-cerise. Plantez ensuite des essences locales comme l'aubépine, le noisetier, l'églantier ou les saules. Protégez les jeunes haies, puis ouvrez-les au broutage petit à petit, par tronçons.
C'est un paddock, ou une piste, bordé de haies et d'arbustes que le cheval peut brouter en plus de l'herbe et du foin. Feuilles et rameaux varient son menu et l'occupent.
Il rend aussi au cheval quelque chose qu'un grand pré plat et uniforme ne lui offre pas : la cueillette. À l'état naturel, un cheval passe ses journées à marcher, chercher et choisir, une bouchée d'herbe ici, une feuille ou une fleur là. Un paddock varié lui redonne cette part de son mode de vie.
Il combine trois éléments : des pistes pour circuler, des haies d'essences sans danger, et des zones séparées pour le repos, le foin, l'eau et l'herbe.
Bon à savoir : ce que l'on sait sur le broutage des arbres vient surtout d'études chez les vaches, les moutons et les chèvres, pas chez le cheval. Une liste d'arbres fourragers prévue pour l'élevage doit donc toujours être vérifiée pour le cheval.
Faites le tour de tout ce qui pousse dans la parcelle et en bordure, y compris chez les voisins. Certaines plantes doivent être arrachées ou mises hors de portée avant de planter quoi que ce soit :
Les feuilles fanées de certains arbres, comme les cerisiers, sont encore plus dangereuses que les fraîches. Ne jetez donc jamais de tailles de haie dans un paddock sans savoir de quel arbre elles viennent. La liste complète se trouve dans la rubrique plantes toxiques.
Partez du principe de la piste autour du pré : un couloir qui longe les haies, avec l'eau, le foin et l'abri répartis sur le parcours. Les haies se placent le long de la piste, ou en îlots que la piste contourne.
Prévoyez plusieurs zones :
Pourquoi des tronçons ? Parce qu'une haie broutée en permanence s'épuise, et que le piétinement abîme le sol à son pied (observé chez les vaches).
Évitez aussi de poser une clôture juste sous une rangée d'arbres : des branches peuvent tomber lors d'une tempête, et même par temps calme en été.
Choisissez des essences locales, sans danger pour le cheval, et mélangez-les.
Dans tous les cas, vérifiez vous-même chaque espèce avant de planter.
Côté érables, l'érable champêtre, l'érable plane et le frêne commun ne causent pas la myopathie atypique. Cela ne garantit pas qu'ils soient sans aucun effet : les feuilles fanées de l'érable rouge, une espèce américaine, sont par exemple toxiques.
Méfiez-vous des listes d'arbres fourragers écrites pour les vaches : on y trouve parfois du troène et du robinier, à exclure pour les chevaux. Le choix détaillé des espèces est dans le guide planter une haie et des arbres fourragers.
Plantez quand les arbres sont au repos : des plants à racines nues, entre fin octobre et fin mars, en évitant le gel et les sols détrempés. Plantez en double rang, en quinconce.
La Région wallonne subventionne la plantation de haies (Natagriwal vous renseigne). Les règles donnent de bons repères, même sans subvention :
Pour les vaches, on conseille une clôture électrique à 1 m de la ligne de plantation. Un cheval tend loin l'encolure : vérifiez sur place qu'il n'atteint pas les plants.
Pour un arbre isolé, protégez le tronc assez loin pour que le cheval ne l'atteigne pas encolure tendue. Évitez le grillage à poules : le cheval peut le mâchonner et se blesser.
Attendez que la haie soit bien installée, et ouvrez-la par tronçons. Il n'existe pas de délai précis pour les chevaux : regardez si les plants ont bien pris et si les repousses sont vigoureuses.
Ne donnez jamais de robinier : d'après des pépiniéristes spécialisés, quelques grammes d'écorce peuvent mettre la vie du cheval en danger (expérience de terrain).
En été sec, les haies deviennent une ressource d'appoint (voir préparer son pré à la sécheresse). Mais chez les vaches et les moutons, on a vu les animaux en manger trop dans ces périodes : surveillez la pression sur la haie.
Chercher sa nourriture occupe le cheval, le fait bouger et réfléchir. Les propriétaires qui pratiquent cette « cueillette » décrivent des chevaux plus calmes et plus curieux, parfois des chevaux craintifs qui prennent confiance (expérience de terrain). Une étude a aussi observé qu'avec plusieurs fourrages au choix plutôt qu'un seul, les chevaux passaient moins de temps à chercher autre chose à manger (observé chez le cheval).
Pas besoin d'un grand terrain ni de matériel coûteux :
Proposez uniquement des plantes que vous connaissez et qui sont sûres pour le cheval, en petites quantités : voir la liste des plantes et le guide utiliser les plantes sans risque. Pour un cheval sujet à la fourbure ou atteint du SME, restez sur des plantes pauvres en sucres.
Oui, après avoir identifié toutes les espèces. Retirez ou isolez les plantes toxiques, puis ouvrez la haie par tronçons pour qu'elle ne s'épuise pas.
Non. On le trouve dans certaines listes d'arbustes pour les vaches, mais il est à exclure pour les chevaux (voir la fiche troène).
Il ne cause pas la myopathie atypique, contrairement à l'érable sycomore et à l'érable négundo. Mais les érables se ressemblent : identifiez chacun avec certitude avant d'ouvrir l'accès.
Comptez au moins 1 m de la ligne de plantation, puis vérifiez sur place : un cheval qui tend l'encolure ne doit pas atteindre les plants.
Oui. La Région wallonne subventionne la plantation de haies, avec un montant au mètre selon le nombre de rangs, une longueur minimale et des règles de mélange d'espèces. Faites la demande avant de planter.
Parce que c'est son mode de vie naturel : marcher, chercher, choisir. Quelques bacs de plantes sûres à différents endroits, du foin glissé entre des piquets ou des branches à grignoter l'occupent, le font bouger et rendent son quotidien plus riche.
Sources
Woodland Trust, « Horse and livestock hedgerow tree pack » : shop.woodlandtrust.org.uk
Penn State Extension, Koch K., « Planting riparian buffers safe for horses » (mise à jour 2026) : extension.psu.edu
Penn State Extension, Kenny L., « Trees in Horse Pastures » (mise à jour 2024) : extension.psu.edu
IFCE, Equipedia, poster « Myopathie atypique » (2019) : equipedia.ifce.fr
Ministère de l'Agriculture de l'Ontario, « Les principales intoxications des chevaux dues aux plantes et leur investigation » (2022, mise à jour 2025) : ontario.ca
Chambre d'agriculture de la Mayenne, « Diversifier ses ressources fourragères avec le pâturage de ligneux » (2020) : chambres-agriculture.fr
« Les fourrages ligneux : synthèse de données sur le projet SARBIVOR » (2024) : agroforesterie.fr
Emile J.-C., Barre P., Delagarde R. et al., « Les arbres, une ressource fourragère au pâturage pour des bovins laitiers ? », Fourrages n° 230 (2017) : agroforst.ch
New Forest Land Advice Service, « Horses, Hedges and Edges » : newforestnpa.gov.uk
Parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale, « Agroforesterie : comment planter des arbres et des haies dans des prairies » : parc-opale.fr
Natagriwal, « Haie d'honneur aux arbres et vergers », brochure sur les subventions wallonnes (version 10/2022) : durbuy.be (copie communale)
Bethelot M., Levaillant C. M., Peyrille S., Descheemaker L., « Arbres et équidés : des alliés oubliés » (2026) : equivegetal.fr
Photo : New Forest pony 01, R J Higginson, Wikimedia Commons, CC BY 3.0