En bref
Un pré résiste mieux à la sécheresse s'il n'est pas brouté trop ras : ne descendez pas sous 5 cm d'herbe. En été, laissez les parcelles reposer plus longtemps, mettez moins de chevaux sur la même surface et repliez-les sur un paddock avec du foin quand l'herbe ne repousse plus. Pour semer, préférez le dactyle et la fétuque élevée au ray-grass anglais, qui supporte mal le sec.
Une herbe broutée trop court a peu de réserves et des racines peu profondes. Quand le sec arrive, elle grille plus vite et met plus de temps à repartir. Le piétinement aggrave encore les choses.
Le bon repère : ne laissez jamais l'herbe descendre sous 5 cm. Par temps sec, gardez de la marge et retirez les chevaux vers 7 à 8 cm.
Faire tourner les chevaux change aussi beaucoup. Dans des essais menés en Wallonie, une prairie pâturée ras en continu a perdu plus d'un tiers de sa production. Une prairie qui se reposait environ 4 semaines entre deux passages n'a rien perdu. La hauteur idéale se situait autour de 5 à 7 cm. (Essais sur prairies d'élevage, pas spécifiquement avec des chevaux.)
Si vous semez ou regarnissez un pré qui sèche l'été, misez sur le dactyle et la fétuque élevée. Ils continuent à pousser en été, là où le ray-grass anglais s'arrête. (Repères issus des prairies d'élevage.)
Pour reboucher vite des zones nues, le ray-grass et le trèfle font l'affaire. Pour un pré qui doit passer l'été, ajoutez du dactyle ou de la fétuque élevée au mélange. Et semez toujours un mélange : les chevaux le préfèrent à une seule espèce.
L'idée est simple : moins de bouches sur le pré, plus de repos pour l'herbe. En été, il faut environ deux fois plus de surface par cheval qu'au printemps (environ un demi-hectare par jument suitée au printemps, 1 ha en été).
Pour organiser la rotation, lisez le guide faire tourner ses prés.
Pas au premier orage. Il faut environ 40 à 50 mm de pluie pour relancer la vie du sol, puis à peu près autant pour que l'herbe pousse vraiment. (Conseil d'agronomes de terrain, pour les prairies d'élevage.)
Attendez que l'herbe ait atteint 15 à 20 cm avant de remettre les chevaux. Sous 5 cm, n'y pensez pas : le pré se dégraderait encore plus.
Attention aussi : l'herbe qui reverdit après une sécheresse peut être riche en sucres (voir plus bas).
Pensez au foin dès les premiers signes de sécheresse, sans attendre que le pré soit grillé. Donnez-le sur le paddock de repli plutôt qu'au pré.
Côté quantité, un cheval a besoin d'environ 2 % de son poids en matière sèche par jour, soit à peu près 10 kg pour un cheval de 500 kg. Au pré à volonté, il peut en avaler jusqu'à 5 %, bien plus que ses besoins.
Un foin acheté en urgence, dont vous ne connaissez pas l'origine, mérite d'être bien regardé, voire analysé : voir reconnaître un bon foin.
Un cheval boit entre 20 et 60 litres par jour. Cela dépend de ce qu'il mange, de la météo, de son état (jument pleine ou suitée, par exemple) et de son travail. En été, avec du foin sec et la chaleur, il sera plutôt en haut de la fourchette.
Oui. Elle peut venir d'arbres, d'une haie ou d'un abri. L'abri a un avantage : pas de branches qui tombent sur les clôtures. Pour une solution végétale, voir le guide planter une haie et des arbres fourragers, qui liste aussi les essences à éviter.
Trois choses : les sucres de l'herbe, les plantes toxiques et la terre avalée avec l'herbe.
Un bon pré n'est pas seulement un grand carré vert d'herbe. Dans la nature, un cheval marche, cherche et choisit : une bouchée d'herbe, une feuille, un rameau, une fleur. Dès que c'est possible, donnez à votre pré un peu de cette variété :
Même sur un petit terrain, quelques arbustes, un coin de haie ou deux ou trois points de cueillette changent déjà le quotidien du cheval.
Retrouvez les conseils de saison dans le cheval en été, et les autres aménagements dans la rubrique Aménager.
Jamais en dessous de 5 cm. Par temps sec, retirez-les plutôt vers 7 à 8 cm pour ne pas aggraver les dégâts.
Non. Une herbe stressée par le sec peut contenir plus de 20 % de sucres. Gérez ce cheval avec votre vétérinaire.
Le dactyle et la fétuque élevée. Le ray-grass anglais, lui, s'arrête de pousser quand il fait sec ou chaud.
Entre 20 et 60 litres par jour selon sa ration, la météo et son travail. Avec du foin sec et de la chaleur, comptez plutôt sur le haut de la fourchette.
Sources
IFCE, Guide pratique Équi-pâture : gérer ses prairies pour chevaux
IFCE, Restreindre au pâturage, 2022
IFCE, Observatoire économique et social du cheval, Les atouts verts des équidés, 2020
IFCE, Équ'idée : la gestion de l'eau, septembre 2023
SPW Agriculture, Centre de Michamps, La gestion de la prairie (série résilience fourragère)
Chambre d'agriculture de Normandie, Semis de prairies : choix variétal
Réussir, Sécheresse : ne redémarrez pas trop tôt le pâturage (Chambre d'agriculture de la Drôme)
University of Minnesota Extension, 10 tips for managing drought-stressed horse pastures
University of Minnesota Extension, Managing established horse pastures
Penn State Extension, Trees in horse pastures
Photo : Horses in a parched paddock near Bray, Richard Humphrey, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0