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Préparer son pré à la sécheresse

Un pré qui entre dans l'été rasé de près grille plus vite et repart plus lentement. La préparation se joue au printemps : hauteur d'herbe, espèces semées, eau, ombre et stock de foin.

En bref

Un pré résiste mieux à la sécheresse s'il n'est pas brouté trop ras : ne descendez pas sous 5 cm d'herbe. En été, laissez les parcelles reposer plus longtemps, mettez moins de chevaux sur la même surface et repliez-les sur un paddock avec du foin quand l'herbe ne repousse plus. Pour semer, préférez le dactyle et la fétuque élevée au ray-grass anglais, qui supporte mal le sec.

Pourquoi un pré trop ras souffre-t-il plus de la sécheresse ?

Une herbe broutée trop court a peu de réserves et des racines peu profondes. Quand le sec arrive, elle grille plus vite et met plus de temps à repartir. Le piétinement aggrave encore les choses.

Le bon repère : ne laissez jamais l'herbe descendre sous 5 cm. Par temps sec, gardez de la marge et retirez les chevaux vers 7 à 8 cm.

Faire tourner les chevaux change aussi beaucoup. Dans des essais menés en Wallonie, une prairie pâturée ras en continu a perdu plus d'un tiers de sa production. Une prairie qui se reposait environ 4 semaines entre deux passages n'a rien perdu. La hauteur idéale se situait autour de 5 à 7 cm. (Essais sur prairies d'élevage, pas spécifiquement avec des chevaux.)

Quelles herbes résistent le mieux au sec ?

Si vous semez ou regarnissez un pré qui sèche l'été, misez sur le dactyle et la fétuque élevée. Ils continuent à pousser en été, là où le ray-grass anglais s'arrête. (Repères issus des prairies d'élevage.)

  • Dactyle : pousse bien l'été, même dans un sol qui sèche.
  • Fétuque élevée : s'adapte aux terrains difficiles, des sols secs aux sols inondables.
  • Ray-grass anglais : s'arrête de pousser quand il fait sec ou au-delà de 23 °C.
  • Fléole des prés : aime le froid et l'humidité ; elle repousse peu en été.
  • Lotier corniculé : une légumineuse pour les sols pauvres et secs.
  • Luzerne : convient aux sols secs, mais pas aux sols trop humides.

Pour reboucher vite des zones nues, le ray-grass et le trèfle font l'affaire. Pour un pré qui doit passer l'été, ajoutez du dactyle ou de la fétuque élevée au mélange. Et semez toujours un mélange : les chevaux le préfèrent à une seule espèce.

Comment adapter le pâturage quand l'herbe ralentit ?

L'idée est simple : moins de bouches sur le pré, plus de repos pour l'herbe. En été, il faut environ deux fois plus de surface par cheval qu'au printemps (environ un demi-hectare par jument suitée au printemps, 1 ha en été).

  • Allongez le repos : laissez chaque parcelle reposer 4 à 6 semaines en été et en fin de saison, plutôt 6 semaines par temps sec.
  • Limitez l'accès : faites pâturer quelques chevaux à la fois plutôt que tout le groupe.
  • Prévoyez un paddock de repli : sur un sol portant, avec un abri, de l'eau et du foin. Il protège le pré quand l'herbe ne repousse plus. Voir les guides paddock d'hiver sans boue et piste autour du pré.

Pour organiser la rotation, lisez le guide faire tourner ses prés.

Quand remettre les chevaux au pré après la pluie ?

Pas au premier orage. Il faut environ 40 à 50 mm de pluie pour relancer la vie du sol, puis à peu près autant pour que l'herbe pousse vraiment. (Conseil d'agronomes de terrain, pour les prairies d'élevage.)

Attendez que l'herbe ait atteint 15 à 20 cm avant de remettre les chevaux. Sous 5 cm, n'y pensez pas : le pré se dégraderait encore plus.

Attention aussi : l'herbe qui reverdit après une sécheresse peut être riche en sucres (voir plus bas).

Comment gérer le foin pendant une sécheresse ?

Pensez au foin dès les premiers signes de sécheresse, sans attendre que le pré soit grillé. Donnez-le sur le paddock de repli plutôt qu'au pré.

Côté quantité, un cheval a besoin d'environ 2 % de son poids en matière sèche par jour, soit à peu près 10 kg pour un cheval de 500 kg. Au pré à volonté, il peut en avaler jusqu'à 5 %, bien plus que ses besoins.

Un foin acheté en urgence, dont vous ne connaissez pas l'origine, mérite d'être bien regardé, voire analysé : voir reconnaître un bon foin.

Combien d'eau prévoir ?

Un cheval boit entre 20 et 60 litres par jour. Cela dépend de ce qu'il mange, de la météo, de son état (jument pleine ou suitée, par exemple) et de son travail. En été, avec du foin sec et la chaleur, il sera plutôt en haut de la fourchette.

  • Chaque jour : vérifiez que les abreuvoirs coulent bien et sont propres.
  • Eau de puits ou de source : faites-la analyser au moins une fois par an. Elle ne doit contenir aucun germe d'origine fécale.
  • Ruisseau : quand il baisse, il devient boueux et ses berges s'abîment. Prévoyez un point d'eau de secours.

Faut-il de l'ombre au pré ?

Oui. Elle peut venir d'arbres, d'une haie ou d'un abri. L'abri a un avantage : pas de branches qui tombent sur les clôtures. Pour une solution végétale, voir le guide planter une haie et des arbres fourragers, qui liste aussi les essences à éviter.

Quels risques surveiller pendant une sécheresse ?

Trois choses : les sucres de l'herbe, les plantes toxiques et la terre avalée avec l'herbe.

  • Les sucres : une herbe jaunie n'est pas une herbe « pauvre ». En été, l'herbe contient en moyenne 12 à 16 % de sucres, et peut dépasser 20 % quand il fait sec. Pour un cheval sujet à la fourbure, c'est un vrai risque : parlez-en à votre vétérinaire et consultez la rubrique Prévenir.
  • Les plantes toxiques : quand l'herbe manque, les chevaux goûtent des plantes qu'ils laissent d'habitude de côté. Faites le tour du pré pour repérer le séneçon de Jacob et les autres plantes toxiques.
  • Les nitrates : en cas de doute sur un fourrage, faites-le tester. Au-delà de 4 600 ppm, il ne doit pas être donné.
  • Le sable et la terre : sur un pré ras, les chevaux avalent plus de sable, ce qui expose aux coliques, et davantage de parasites. Au moindre signe de colique, appelez votre vétérinaire.

Comment enrichir son pré ?

Un bon pré n'est pas seulement un grand carré vert d'herbe. Dans la nature, un cheval marche, cherche et choisit : une bouchée d'herbe, une feuille, un rameau, une fleur. Dès que c'est possible, donnez à votre pré un peu de cette variété :

  • Des arbres : de l'ombre en été, un abri contre le vent, et des branches basses à grignoter.
  • Des haies fourragères : des arbustes sûrs que les chevaux peuvent brouter, qui coupent le vent et tiennent mieux la sécheresse que l'herbe. Voir planter une haie et des arbres fourragers.
  • De la cueillette : des zones variées, des bacs de plantes sûres, du foin à aller chercher, pour que le cheval bouge et choisisse. Voir paddock à brouter.
  • Des chemins : une piste autour du pré fait marcher les chevaux et protège l'herbe. Voir piste autour du pré.

Même sur un petit terrain, quelques arbustes, un coin de haie ou deux ou trois points de cueillette changent déjà le quotidien du cheval.

Retrouvez les conseils de saison dans le cheval en été, et les autres aménagements dans la rubrique Aménager.

Questions fréquentes

À partir de quelle hauteur d'herbe faut-il retirer les chevaux ?

Jamais en dessous de 5 cm. Par temps sec, retirez-les plutôt vers 7 à 8 cm pour ne pas aggraver les dégâts.

L'herbe jaunie est-elle sans danger pour un cheval à risque de fourbure ?

Non. Une herbe stressée par le sec peut contenir plus de 20 % de sucres. Gérez ce cheval avec votre vétérinaire.

Quelles graminées semer pour un pré qui sèche l'été ?

Le dactyle et la fétuque élevée. Le ray-grass anglais, lui, s'arrête de pousser quand il fait sec ou chaud.

Combien d'eau boit un cheval en été ?

Entre 20 et 60 litres par jour selon sa ration, la météo et son travail. Avec du foin sec et de la chaleur, comptez plutôt sur le haut de la fourchette.

La lettre de l'Herboristerie

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