En bref
Un bon foin sent bon le foin, ne fait pas de nuage de poussière quand on le secoue, reste plutôt vert et garde beaucoup de feuilles souples. Une odeur de moisi, de caramel ou de brûlé, de la poussière, des taches blanches ou grises : passez votre chemin. Choisissez ensuite selon le cheval : un foin riche et feuillu pour une poulinière ou un cheval au travail, un foin plus fibreux pour un cheval qui grossit facilement. Pour connaître sa teneur exacte en sucres et en protéines, faites-le analyser dans un laboratoire agricole, en lisant toujours les valeurs sur matière sèche.
Le foin est la base de la ration, souvent plusieurs kilos par jour et pendant des mois. Un foin poussiéreux fait tousser, un foin moisi peut rendre malade, un foin trop riche fait grossir ou expose à la fourbure. À l'inverse, un bon foin, adapté à votre cheval, évite bien des soucis.
Bonne nouvelle : vos yeux, votre nez et vos mains en disent déjà beaucoup. L'analyse en laboratoire vient ensuite, pour savoir précisément ce qu'il contient.
Ouvrez une botte, prenez une poignée au cœur (pas seulement à l'extérieur) et passez-la en revue.
C'est le premier test, et le plus parlant. Une étude suisse publiée en 2025 a montré qu'une odeur anormale est le meilleur signe d'un foin poussiéreux.
Secouez doucement la poignée devant vous, idéalement à contre-jour. Un nuage de poussière fine signale souvent des spores de moisissures. C'est le foin qui fait tousser, surtout les chevaux sensibles des voies respiratoires.
Les feuilles concentrent l'essentiel de la valeur nutritive. Un bon foin a beaucoup de feuilles, souples, qui restent attachées aux tiges.
Regardez aussi ce qui ne devrait pas s'y trouver :
Quand on débute, on entend parler de « foin nouveau », de « foin de l'année » ou de « foin N-1 », et chacun a son avis. Bonne nouvelle : l'âge du foin compte moins que la façon dont il a été pressé et stocké.
On entend souvent qu'il faut laisser le foin « ressuer » quelques semaines avant de le donner. C'est surtout une tradition. Un foin bien sec au moment du pressage peut être donné tout de suite : le garder plus longtemps ne le rend pas meilleur. La vraie question est donc : était-il bien sec quand il a été pressé ?
Si vous voulez faire analyser un foin nouveau, attendez un peu plus de deux semaines après le pressage : le résultat sera plus fiable.
Bien stocké, au sec et à l'abri du soleil, un foin d'un an garde l'essentiel de sa valeur. Il perd un peu de matière, surtout dans les deux premiers mois, puis presque plus rien. Ses protéines et son énergie restent proches de celles d'un foin de quelques mois.
Ce qu'il perd vraiment :
Dans tous les cas, faites les tests de l'odeur, de la poussière et du toucher décrits plus haut. Un foin d'un an bien conservé vaut mieux qu'un foin de l'année poussiéreux ou pressé humide.
Ancien ou nouveau, un foin d'une autre récolte est un changement de ration. Faites la transition progressivement, comme expliqué dans la partie suivante.
Il n'y a pas un « bon foin » pour tous les chevaux. Tout dépend de celui qui le mange.
Un changement brusque, surtout vers un foin plus riche, peut ramollir les crottins ou provoquer de la diarrhée ou des coliques. Mélangez l'ancien et le nouveau foin sur une à deux semaines. Si les crottins deviennent mous, si le cheval tousse ou boude son foin, regardez d'abord le foin.
L'œil et le nez repèrent un foin sale ou abîmé, mais pas sa richesse exacte. Deux foins qui se ressemblent peuvent être très différents en sucres ou en protéines. L'analyse devient vraiment utile pour un cheval sujet à la fourbure, en surpoids ou atteint du SME, une poulinière, ou quand vous achetez un gros lot sans le connaître.
En Wallonie, les laboratoires agricoles provinciaux du réseau Requasud analysent les fourrages. La liste à jour se trouve sur la page laboratoires du réseau Requasud. On y trouve notamment :
En France, adressez-vous à votre Chambre d'agriculture ou au laboratoire départemental d'analyses. Certains ont une offre pour les chevaux, comme le laboratoire LARCA de la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire.
Avant d'envoyer, vérifiez ce que comprend l'offre : toutes n'incluent pas les sucres. Pour un cheval à risque, demandez-les explicitement.
Pas besoin de tout comprendre. Voici les lignes qui comptent.
Le bulletin donne souvent deux colonnes : « brut » ou « matière fraîche » (avec l'eau) et « sur matière sèche » (sans l'eau). Lisez toujours la seconde, c'est elle qui permet de comparer deux foins. La matière sèche elle-même doit tourner autour de 85 % : en dessous, le foin est trop humide et risque de moisir.
Elles apparaissent sous le nom de MAT (matières azotées totales), de protéines brutes ou, en France, de MADC (la part digestible pour le cheval). Pour un foin de prairie, comptez environ 8 à 14 % de protéines brutes ; un cheval adulte au repos a besoin d'environ 10 %. Un foin de légumineuses (luzerne, trèfle) en contient beaucoup plus.
Plus les fibres sont élevées, moins le foin est digeste. Selon les laboratoires, vous trouverez :
C'est la ligne à surveiller pour un cheval sujet à la fourbure ou atteint du SME. Selon les laboratoires, vous verrez :
Attention : les bulletins standards n'incluent pas toujours les sucres. L'« extractif non azoté » que l'on voit sur certains bulletins belges est un calcul qui mélange sucres, amidon et une partie des fibres : il ne remplace pas une mesure des sucres. Pour un cheval à risque, demandez les WSC ou les NSC en plus.
Plusieurs universités conseillent de rester sous 10 à 12 % de NSC pour un cheval à risque. Ce seuil n'est pas un consensus : le bon niveau se fixe avec votre vétérinaire. Pour un foin trop riche, le trempage peut aider ; voyez la durée avec lui. Consultez aussi la rubrique Prévenir.
Vérifiez surtout que le calcium dépasse le phosphore. Un rapport d'environ 1,5 à 2 pour 1 est un bon repère. Les oligo-éléments (cuivre, zinc, sélénium) ne sont pas toujours dosés et le sélénium est difficile à mesurer de façon fiable.
Beaucoup de bulletins belges sont pensés pour les bovins. Les lignes VEM, VEVI, DVE et OEB servent à calculer une ration de vaches laitières ou de bovins viandeux : ignorez-les pour un cheval.
Voici l'analyse d'un foin de prairie récolté en mai 2026 et analysé au laboratoire provincial de La Hulpe. Il nourrit une écurie en paddock paradise où vivent surtout des poneys en surpoids : l'objectif était justement un foin léger. Toutes les valeurs ci-dessous sont sur matière sèche ; entre parenthèses, la moyenne des foins analysés par le laboratoire.


Un même foin peut donc être parfait pour un cheval et insuffisant pour un autre. C'est tout l'intérêt de l'analyse.
Pour la quantité de foin à donner chaque jour, voir la page Nourrir. Pour gérer l'herbe au pré, voir faire tourner ses prés.
Sentez-le, secouez-le et regardez-le. Un bon foin sent bon le foin, ne fait pas de nuage de poussière quand on le secoue, reste plutôt vert et garde beaucoup de feuilles souples. Une odeur de moisi, de la poussière ou des taches blanches ou grises : ce foin n'est pas à donner.
Pas forcément. Si seul l'extérieur de la botte est décoloré par le soleil et que l'intérieur reste vert et sent bon, il est bon. Un foin brun ou jaune partout a pris la pluie ou a été fauché tard : il vaut moins.
Il fait tousser, surtout les chevaux sensibles des voies respiratoires, car la poussière contient souvent des spores de moisissures. Évitez-le, en particulier pour un cheval qui tousse ou vit au box.
Un foin plus fibreux, fauché plus tard, avec plus de tiges, mais toujours propre. Faites-le analyser : c'est le seul moyen de connaître sa teneur en sucres. Le niveau à viser se fixe avec votre vétérinaire.
Dans un laboratoire agricole provincial du réseau Requasud, par exemple à La Hulpe, Ciney, Tinlot, Ath, Soignies ou Bastogne. Précisez que le foin est destiné à des chevaux et demandez les sucres si nécessaire.
Lisez toujours la colonne « sur matière sèche ». Regardez ensuite les protéines, les fibres et la digestibilité, puis les sucres si votre cheval est à risque de fourbure.
Rien : elles servent à rationner des bovins. Pour un cheval, regardez la matière sèche, les protéines brutes, la cellulose brute, la digestibilité et les minéraux, et demandez les sucres en plus.
Oui, s'il a été pressé bien sec. Glissez la main au cœur d'une botte : si elle est tiède ou chaude, attendez. Dans tous les cas, mélangez-le à l'ancien foin pendant la transition.
Oui, s'il a été stocké au sec et à l'abri. Il garde ses protéines et son énergie mais perd une partie de ses vitamines A et E. Vérifiez l'odeur et la poussière, et parlez d'un complément vitaminé avec votre vétérinaire si le cheval ne va plus au pré.
Sources
Purdue University Extension, AY-374-W, évaluation du foin pour chevaux
Gouvernement de l'Ontario, Botulisme chez les chevaux et ensilage du foin
Réseau Requasud, laboratoires d'analyses
University of Minnesota Extension, Understanding your hay analysis
Penn State Extension, Sampling bales for forage quality analysis
Rutgers University, Fact sheet FS1340, 2022
IFCE, Restreindre au pâturage, 2022
Association wallonne de l'élevage, Wallonie Élevages, article sur les analyses de fourrages, 2010
Chambre d'agriculture des Pays de la Loire, laboratoire LARCA, Analyses filière équine
Kathleen Anderson, University of Nebraska-Lincoln, Feeding new hay
Clair Thunes, The Horse, Is it safe to feed my horses fresh hay off the field?, 2025
EQUUS, Is your hay too old to feed? (entretien avec Les Vough)
Clair Thunes, The Horse, Nutrition loss in stored hay, 2023
Photo : Hay roll close up, Titus Tscharntke, Wikimedia Commons, domaine public