

Plante toxique
Equisetum palustre
La prêle des marais envahit les prairies humides et finit facilement dans le foin. Au pré, le cheval la laisse de côté ; dans son foin, il la mange. Jour après jour, elle le prive de vitamine B1 et provoque des troubles nerveux.
Urgence
Votre cheval maigrit, a de la diarrhée ou marche de façon incoordonnée depuis un changement de foin ? Appelez le vétérinaire, retirez ce foin et gardez-en un échantillon.
Votre vétérinaire d'abord. Centre Antipoisons (BE) 070 245 245, CNITV (FR) 04 78 87 10 40.
En bref
Oui, la prêle des marais (Equisetum palustre) est toxique pour le cheval. Comme les autres prêles, elle détruit la vitamine B1 ; elle contient aussi des alcaloïdes, dont la palustrine. Au pré, le cheval y touche peu : le risque vient surtout du foin de prairies humides, mangé chaque jour. Les signes (amaigrissement, diarrhée, démarche incoordonnée, tremblements) s'installent lentement. Repérée tôt, l'intoxication se soigne.
La prêle des marais est une plante vivace sans fleurs, haute de 10 à 60 cm. Elle aime les prairies humides et riches, les bords de fossés et de mares. Quatre détails la trahissent :


La prêle des champs lui ressemble beaucoup. Deux indices permettent de les séparer :
Pour votre cheval, la différence compte peu : les deux prêles sont toxiques et doivent rester hors du foin.
Les prêles contiennent une enzyme, la thiaminase, qui détruit la vitamine B1. Chez le cheval, c'est elle qui cause l'essentiel des troubles : sans vitamine B1, le système nerveux souffre. La prêle des marais contient en plus des alcaloïdes, dont la palustrine ; ce que l'on sait d'eux vient surtout d'études chez les bovins.
Au pré, le cheval mange peu de prêle : elle est dure, riche en silice, et il ne l'aime pas. Le danger vient du foin récolté sur des prairies humides envahies. Le cheval en mange alors tous les jours et la carence s'installe en quelques semaines. Les alcaloïdes résistent aussi à l'ensilage.
Les signes arrivent lentement et touchent surtout les jeunes chevaux en croissance :
Sans soins, le cheval peut mourir d'épuisement.
Le vétérinaire peut donner de la vitamine B1. Repérée tôt, l'intoxication est réversible et le cheval peut se rétablir complètement.
Retrouvez les autres plantes dangereuses dans notre guide des plantes toxiques pour le cheval.
Oui. Le foin est même la principale cause d'intoxication du cheval par les prêles. Les alcaloïdes de la prêle des marais résistent aussi à l'ensilage.
Rarement : elle est dure, riche en silice et il ne l'aime pas. Le risque au pré reste faible tant que l'herbe ne manque pas. Dans le foin, en revanche, le cheval ne la trie pas.
Oui. Toutes les prêles détruisent la vitamine B1 ; la prêle des champs, la plus commune, est aussi dangereuse dans le foin. Les mêmes précautions s'appliquent.
Sources
Gouvernement de l'Ontario, Toxicité pour les chevaux des espèces du genre Equisetum.
Cortinovis C. et Caloni F., Alkaloid-Containing Plants Poisonous to Cattle and Horses in Europe, Toxins (2015).
Müller J., Puttich P. M. et Beuerle T., Variation of the Main Alkaloid Content in Equisetum palustre L. in the Light of Its Ontogeny, Toxins (2020).
Lange G., Einfluss des Konservierungsverfahrens auf den Palustringehalt im Grundfutter (influence du mode de conservation sur la teneur en palustrine du fourrage), LfL Bayern.
Conservatoire botanique national de Brest, fiche Equisetum fluviatile (critères de distinction avec la prêle des marais).
Gouvernement de l'Ontario, Les principales intoxications des chevaux dues aux plantes et leur investigation.
Numéros d'urgence : Ordre des vétérinaires, centres antipoison vétérinaires ; Centre Antipoisons belge, rapport annuel 2025.
Photos Wikimedia Commons : Petr Filippov (CC BY-SA 3.0) ; AnRo0002 (CC0 1.0, domaine public).