Un cheval engorgé présente des membres gonflés, une conséquence fréquente d'une activité physique intense suivie d'une période de repos insuffisante. Le gonflement est typiquement observé sur les tendons reliant le genou au boulet et le jarret au boulet. L'engorgement peut être détecté par un simple examen visuel et palpation, où les contours normaux des tendons et des ligaments deviennent moins discernables.
L'engorgement est souvent la résultante d'une mauvaise circulation lymphatique et sanguine dans les membres inférieurs du cheval. La stagnation du fluide lymphatique, due à l'absence de mouvement ou à une sollicitation excessive, peut entraîner cette condition. Il est crucial de différencier un engorgement simple d'une affection plus grave comme la lymphangite, qui est une inflammation douloureuse du système lymphatique souvent associée à une infection.
Engorgement par défaut de retour veineux
Cette forme d'engorgement est similaire au phénomène des jambes lourdes chez l'humain. Elle est typique chez les chevaux confinés dans un box sans exercice suffisant, où l'absence de mouvement empêche la circulation optimale du sang et des fluides lymphatiques. Les symptômes incluent un gonflement symétrique des membres, généralement sans douleur, qui s'améliore avec le mouvement.
Engorgement suite à un choc
Après un traumatisme direct, tel qu'un coup ou une chute, un cheval peut développer un gonflement localisé, qui peut évoluer en œdème diffus. Cette réaction est le résultat d'une accumulation de sang et de fluides lymphatiques dans les tissus lésés.
Engorgement suite à une infection (Lymphangite)
La lymphangite se manifeste par un gonflement important et douloureux dû à une réaction inflammatoire à une infection, souvent bactérienne. Elle peut causer de la fièvre et exige une intervention vétérinaire immédiate pour éviter des complications graves.
Engorgement suite à une inflammation de tendons ou du boulet
Les inflammations des tendons ou des articulations, comme lors d'une tendinite ou d'une entorse du boulet, provoquent un œdème qui peut être accompagné de boiterie. Contrairement à l'engorgement simple, ce type d'œdème est souvent le signe d'un dommage tissulaire sérieux et demande une évaluation vétérinaire pour un diagnostic précis.
La gestion de l'engorgement dépend de la cause sous-jacente. Pour un engorgement veineux, le mouvement est souvent bénéfique, alors que pour une inflammation ou une infection, le repos et le traitement médical sont essentiels.
L'argile, en cataplasme humide, est fréquemment utilisée pour ses propriétés astringentes et son effet drainant sur les œdèmes superficiels. Le froid, par le biais de douches froides ou de compresses, aide à réduire l'inflammation aiguë et limiter l'accumulation de fluides dans les premières heures. Les bandes de repos, correctement appliquées, soutiennent le retour veineux et limitent l'extension de l'œdème — attention toutefois à ne jamais bander trop serré.
Le travail d'un cheval engorgé doit être ajusté en fonction de la cause et de la présence de boiterie. La marche en main est bénéfique pour les engorgements veineux (le mouvement active la pompe musculaire et relance la circulation lymphatique), mais un repos strict est nécessaire pour des affections plus graves comme la lymphangite ou une tendinite aiguë.
Une consultation vétérinaire est impérative si l'engorgement s'accompagne de fièvre, de boiterie marquée, de chaleur intense localisée, ou ne s'améliore pas après 48 à 72 heures de soins et de mouvement. La lymphangite en particulier nécessite une prise en charge rapide pour éviter des séquelles sur les vaisseaux lymphatiques.
Un œdème peut nécessiter des traitements variés allant des médicaments anti-œdémateux aux stimulants de la circulation veineuse, prescrits par un vétérinaire après un diagnostic précis. En parallèle, les plantes permettent de soutenir le drainage et d'accélérer la résorption — à condition de choisir les bonnes selon la situation.
Plutôt que de lister toutes les plantes possibles, voici comment choisir selon la situation de votre cheval. Les plantes ne s'excluent pas, mais certaines sont nettement plus pertinentes selon le contexte.
C'est le cas le plus fréquent. L'objectif est de soutenir le tonus veineux et d'aider la circulation lymphatique au quotidien.
Par où commencer : la vigne rouge est le point d'entrée logique. Elle renforce les parois des capillaires et améliore la résistance veineuse grâce à ses OPC (oligomères proanthocyanidoliques). C'est la plante la plus documentée pour ce type de problème, et son usage est simple : en poudre sur la ration, en cure de 3 à 4 semaines.
Si les engorgements sont récurrents malgré le mouvement, ajoutez le mélilot : sa coumarine améliore la fluidité lymphatique et aide à résorber les liquides accumulés dans les tissus. Les deux se combinent très bien.
L'objectif ici est d'éliminer rapidement les protéines et les débris inflammatoires accumulés dans les tissus lésés.
Par où commencer : la bromélaïne (ananas) ou la papaïne (papaye) sont les plus adaptées dans les 48 à 72 heures suivant le traumatisme. Ces enzymes protéolytiques dégradent les protéines de l'œdème et accélèrent la résorption. Elles se donnent à distance des repas pour être actives au niveau systémique plutôt que digestif.
Une fois la phase aiguë passée (au-delà de 72h), prenez le relais avec la vigne rouge et le chrysanthellum pour consolider la microcirculation.
Certains chevaux engorgent facilement, quelle que soit la saison ou le niveau d'activité. C'est souvent un problème de terrain circulatoire qui demande une approche de fond.
Par où commencer : une cure combinée vigne rouge + mélilot + bouleau sur 6 à 8 semaines. La vigne rouge et le mélilot agissent sur le tonus veineux et lymphatique, le bouleau soutient l'élimination rénale des liquides en excès. La queue de cerise peut s'y ajouter comme drainé doux si le cheval a tendance à retenir l'eau de façon générale.
Quelle que soit la situation, ces plantes viennent en soutien — pas en remplacement d'un avis vétérinaire si l'engorgement est douloureux, chaud ou accompagné de boiterie.
Quelle est la différence entre un engorgement et une tendinite ?
L'engorgement simple (veineux) est diffus, symétrique sur un ou plusieurs membres, sans boiterie et s'améliore rapidement au mouvement. La tendinite provoque un gonflement localisé sur un tendon précis, souvent chaud et douloureux à la pression, et s'accompagne d'une boiterie. En cas de doute, une échographie permet de trancher.
Mon cheval fait de l'engorgement tous les matins au box — est-ce grave ?
Non, si les membres dégonflent rapidement après quelques minutes de marche et qu'il n'y a ni boiterie ni chaleur intense. C'est un engorgement veineux classique lié à l'immobilité nocturne. La solution passe souvent par plus de mouvement (paddock, marche en main), des bandes de repos la nuit et une cure de vigne rouge sur 3 à 4 semaines.
Peut-on mettre de l'argile sur un membre engorgé ?
Oui, l'argile verte en cataplasme humide est une bonne option pour les engorgements superficiels. Elle a un effet drainant, astringent et fraîchissant. Appliquez-la généreusement sur le membre propre, laissez agir 1 à 2 heures, puis rincez. À éviter sur une plaie ouverte ou une zone de forte chaleur aiguë sans avis vétérinaire.
Combien de temps dure un engorgement chez le cheval ?
Un engorgement veineux simple se résorbe en quelques heures à quelques jours avec mouvement et soins appropriés. Un œdème post-traumatique peut prendre une à deux semaines. Si l'engorgement persiste plus de 48 à 72 heures malgré les soins, une consultation vétérinaire s'impose pour éliminer une cause plus grave.
Quels signes doivent alerter immédiatement ?
Fièvre au-dessus de 38,5°C, boiterie soudaine ou aggravée, membre très chaud et douloureux à la pression, gonflement qui remonte le long du membre ou s'étend rapidement. Ces signes évoquent une lymphangite ou une infection et nécessitent une intervention vétérinaire urgente.