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Cushing

La maladie de Cushing équine, ou PPID (Pituitary Pars Intermedia Dysfunction), est un dérèglement hormonal dû à la dégénérescence des neurones dopaminergiques de l'hypothalamus. Elle touche plus de 20 % des chevaux de plus de 15 ans et son principal risque est la fourbure récidivante. Un traitement vétérinaire efficace existe — le pergolide — et les plantes peuvent l'accompagner en soutien.

En bref — ce qu'il faut savoir sur le Cushing (PPID) du cheval

  • Ce n'est pas un « Cushing » au sens humain du terme : le nom médical correct est PPID (Pituitary Pars Intermedia Dysfunction). Ce n'est pas une maladie des surrénales mais une maladie neurodégénérative de l'hypophyse.
  • Diagnostic vétérinaire par prise de sang : dosage de l'ACTH (pas du cortisol), avec des valeurs de référence qui varient selon la saison. Le test de stimulation à la TRH est la référence la plus précise.
  • Un traitement efficace existe : le pergolide (Prascend). Il ne guérit pas mais stabilise la maladie pendant de nombreuses années. Les plantes ne le remplacent pas.
  • La principale complication est la fourbure récidivante : tout cheval PPID est un cheval à risque à vie, même traité, et doit faire l'objet d'une gestion alimentaire stricte.

Qu'est-ce que le PPID (maladie de Cushing équine) ?

Le nom « maladie de Cushing » persiste dans le langage courant, mais la littérature vétérinaire actuelle utilise le terme PPID, pour Pituitary Pars Intermedia Dysfunction. Ce changement de nom reflète une différence fondamentale avec le Cushing humain.

Chez l'humain, le syndrome de Cushing est lié à un excès de cortisol produit par les surrénales. Chez le cheval, le mécanisme est tout autre : il s'agit d'une dégénérescence progressive des neurones dopaminergiques de l'hypothalamus, ceux-là même qui, chez un cheval sain, freinent en permanence la pars intermedia de l'hypophyse.

Quand ces neurones disparaissent, le frein saute : la pars intermedia se met à produire en excès une molécule précurseur, la POMC, qui est clivée en plusieurs hormones actives — ACTH, α-MSH, β-endorphine, CLIP. C'est cet excès hormonal qui explique l'ensemble des signes cliniques.

Cette distinction est importante : chez le cheval PPID, le cortisol sanguin peut être normal. Ce n'est pas le bon marqueur pour diagnostiquer la maladie. Le bon marqueur est l'ACTH circulante.

Prévalence : plus de 20 % des chevaux de plus de 15 ans et plus de 30 % des chevaux de plus de 20 ans sont atteints, à des degrés divers. Certaines races sont plus prédisposées : poneys Welsh, Shetland, Arabes, New Forest.

Reconnaître les signes cliniques

Le PPID évolue lentement sur plusieurs années. Les signes apparaissent de façon progressive et s'aggravent avec l'âge.

Signes très évocateurs

  • Hypertrichose : le signe le plus caractéristique. Le poil devient long, épais, parfois frisé, et ne tombe pas au moment de la mue de printemps. Au début, on observe une simple mue retardée ; au stade avancé, le poil reste long toute l'année.
  • Syndrome polyuro-polydipsique (PUPD) : le cheval boit beaucoup plus que d'habitude et urine en grandes quantités. Une consommation supérieure à 60-80 litres par jour pour un cheval de 500 kg est anormale.
  • Fourbure récidivante inexpliquée : chez un cheval âgé sans profil alimentaire à risque, des épisodes répétés de fourbure doivent faire suspecter un PPID sous-jacent.

Signes plus subtils

  • Fonte musculaire sur la ligne du dos et la croupe. Le cheval semble « descendre du dos », l'encolure s'affaisse. Contraste parfois avec un ventre distendu.
  • Dépôts graisseux anormaux : au-dessus des yeux, à la base de la queue — signes d'insulinorésistance associée.
  • Infections opportunistes répétées : gale de boue chronique, dermite traînante, cicatrisation lente, parasitisme anormalement élevé.
  • Transpiration anormale, léthargie, baisse de performance, récupération difficile à l'effort.

Le diagnostic : une prise de sang spécifique

Dosage de l'ACTH de base

C'est le test de première intention. Attention à la saisonnalité : chez tous les chevaux, l'ACTH augmente physiologiquement en fin d'été et en automne. Les valeurs de référence sont donc différentes selon la saison :

  • Hors saison (décembre à juillet) : < 29 pg/mL considéré normal
  • En saison (août à novembre) : < 47 pg/mL considéré normal

Ces seuils varient légèrement selon les laboratoires. Un cheval avec une ACTH nettement au-dessus des seuils saisonniers, associée à des signes cliniques évocateurs, est diagnostiqué PPID.

Test de stimulation à la TRH

C'est le test de référence quand l'ACTH de base est équivoque, typiquement dans les formes débutantes. Le vétérinaire injecte de la TRH et mesure l'ACTH avant et 10 minutes après. Chez un cheval PPID, elle s'envole. Ce test détecte la maladie plusieurs mois à années avant que l'ACTH de base ne devienne franchement anormale.

Le traitement de référence : le pergolide (Prascend)

Le traitement médicamenteux du PPID est le pergolide mésylate, commercialisé en France sous le nom Prascend. C'est un agoniste dopaminergique : il mime l'action des neurones disparus et restaure le frein physiologique sur la pars intermedia.

Efficacité : le pergolide a transformé le pronostic du PPID. Chez la majorité des chevaux traités, l'ACTH se normalise en quelques semaines à quelques mois. Les signes cliniques régressent : la mue redevient normale, la fonte musculaire s'arrête, les épisodes de fourbure se raréfient. Un cheval PPID bien traité peut vivre sereinement 5 à 10 ans supplémentaires, parfois plus.

Posologie : dose de départ 0,5 à 1 mg/jour pour un cheval de 500 kg. Le vétérinaire ajuste en fonction du suivi biologique : ACTH recontrôlée après 4 à 6 semaines, puis tous les 6 à 12 mois, idéalement à la même saison.

Effets secondaires : le plus fréquent est le « pergolide veil » — anorexie et léthargie transitoires dans les premiers jours. Ce phénomène disparaît en 2 à 3 semaines. En cas de gêne, le vétérinaire peut proposer d'arrêter 2-3 jours puis de reprendre à demi-dose.

Coût : 50 à 100 € par mois selon la dose. C'est un traitement à vie, à intégrer dans le budget d'entretien du cheval senior.

Les complications à surveiller

  • Fourbure : complication majeure, responsable d'une grande partie de la mortalité. Tout cheval PPID doit être considéré à risque de fourbure à vie.
  • Infections récurrentes : l'immunodépression favorise gale de boue, dermite, abcès de pied, ulcères gastriques, parasitisme.
  • Hyperlipémie : risque chez le poney et l'âne mis à la diète trop brutalement. Tout changement alimentaire doit être progressif.
  • Cataracte, perte musculaire accélérée : stades avancés.

Gestion alimentaire et quotidienne

Alimentation : la majorité des chevaux PPID présentent aussi une insulinorésistance. Suppression des céréales, foin faible en sucres (moins de 10 % de NSC) idéalement trempé 30 minutes, pâturage géré avec muselière broute-frein, complément minéral vitaminé sans mélasse. Chez le cheval maigre, compléter avec des sources de calories non sucrées : huile de lin, luzerne pauvre, pulpe de betterave non mélassée.

Tonte : un cheval en hypertrichose transpire excessivement sous son poil long, ce qui favorise les problèmes de peau. Une tonte au printemps améliore nettement son confort.

Exercice : le maintien d'une activité régulière, même modérée (30 minutes de marche par jour), améliore la sensibilité à l'insuline et limite la perte musculaire.

Vermifugation : le cheval PPID étant immunodéprimé, le plan parasitaire doit être plus rigoureux, avec coproscopie régulière.

Les plantes en soutien du traitement PPID

Les plantes présentées ici interviennent en complément du pergolide, jamais en remplacement. Elles soutiennent les fonctions mises à rude épreuve par la maladie : foie, microcirculation, articulations, immunité.

Gattilier (Vitex agnus-castus, « poivre du moine »)

C'est la plante la plus mentionnée pour le PPID. Elle contient des iridoïdes à effet dopaminergique. Sur le plan théorique, son mécanisme rejoint celui du pergolide.

⚠️ Important : l'étude de référence chez le cheval PPID (Beech et al., Cornell, 2002) n'a pas retrouvé d'effet mesurable du gattilier sur l'ACTH ou le cortisol. Le gattilier ne peut pas remplacer le pergolide chez un cheval PPID confirmé. Il peut éventuellement être envisagé en phase très précoce, chez un cheval avec ACTH modérément élevée mais pas encore symptomatique, toujours en coordination vétérinaire. Contre-indiqué en gestation.

Chardon-Marie (Silybum marianum)

La silymarine est le principal hépatoprotecteur végétal documenté. Indication pertinente : le foie est sollicité par l'insulinorésistance associée et par le traitement long au pergolide. Le chardon-marie soutient cette fonction sans interférer avec le pergolide.

Vigne rouge (Vitis vinifera)

Ses OPC renforcent les parois capillaires et améliorent la microcirculation digitale. Chez le cheval PPID à risque de fourbure récidivante, une cure saisonnière de vigne rouge au printemps et à l'automne soutient la vascularisation lamellaire.

Chrysantellum americanum

Triple action pertinente : microcirculation digitale, drainage, protection hépatique. Il cumule les bénéfices de chardon-marie et vigne rouge dans une seule plante. À envisager en cure de 3 à 4 semaines à chaque changement de saison.

Reine-des-prés (Filipendula ulmaria)

Anti-inflammatoire salicylée, utile pour les douleurs articulaires du cheval âgé et pour soutenir le terrain en période à risque de fourbure. ⚠️ Ne pas associer aux anti-inflammatoires vétérinaires (phénylbutazone, flunixine) — risque additif sur la muqueuse gastrique et la fonction rénale.

Harpagophytum (Harpagophytum procumbens)

Action antalgique sur les douleurs articulaires chroniques fréquentes chez le cheval âgé PPID. ⚠️ L'harpagophytum peut irriter la muqueuse gastrique. Or les chevaux PPID ont une prévalence élevée d'ulcères gastriques. À éviter chez les chevaux à antécédent d'ulcères.

Prévention de la fourbure chez le cheval PPID

La fourbure est la première cause de mortalité chez le cheval PPID. La prévention repose sur :

  • Traitement médical bien ajusté : pergolide à la dose efficace, suivi ACTH tous les 6 à 12 mois.
  • Contrôle strict de l'alimentation : pas de céréales, foin pauvre en sucres, pâturage encadré.
  • Surveillance des pieds : parage adapté, observation quotidienne du pouls digité. Au moindre signe suspect, consultation vétérinaire immédiate.
  • Cures saisonnières de plantes microcirculatoires : vigne rouge, chrysantellum aux périodes critiques (printemps, automne).

FAQ

Le Cushing équin se guérit-il ?

Non. Le PPID est une maladie neurodégénérative progressive. Le pergolide permet de stabiliser la maladie pendant de nombreuses années, parfois plus de 10 ans, et de préserver une bonne qualité de vie.

Peut-on remplacer le Prascend par des plantes ?

Non. Aucune plante n'a démontré l'efficacité du pergolide dans des études contrôlées. Le gattilier, parfois présenté comme une alternative, n'a pas d'effet significatif dans l'étude équine de référence (Beech 2002). Arrêter le Prascend au profit des plantes fait courir un risque majeur de rechute et de fourbure.

Peut-on associer plantes et Prascend ?

Oui, la plupart des plantes de soutien (chardon-marie, vigne rouge, chrysantellum) sont compatibles avec le pergolide et apportent un bénéfice hépatique et circulatoire. Éviter le gattilier en association car son action dopaminergique partielle peut interférer avec le dosage.

Mon cheval a 18 ans et mue mal au printemps : est-ce forcément un Cushing ?

Une mue retardée peut avoir d'autres causes (carences, parasitisme). Mais chez un cheval de plus de 15 ans, c'est un signe suffisamment évocateur pour justifier une prise de sang ACTH, idéalement entre septembre et novembre où la sensibilité du test est maximale.

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La phytothérapie équine offre de nombreuses solutions naturelles pour le bien-être des chevaux, parmi lesquelles le Chardon Marie (Silybum marianum) se distingue par ses vertus exceptionnelles. Cette plante médicinale est réputée pour ses effets bénéfiques sur le foie des équidés.

Le Chrysantellum Americanum

Circulation sanguine

Le Chrysantellum Americanum, une plante herbacée originaire de Bolivie et du Pérou, est reconnue pour son efficacité en cas d'engorgement et de troubles circulatoires, particulièrement au niveau du sabot chez les chevaux. Cette plante, également répandue à l'état sauvage en Afrique, est appréciée pour ses propriétés circulatoires et hépatoprotectrices.

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Circulation sanguine
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La vigne rouge (Vitis vinifera) est une plante riche en bienfaits pour les chevaux, reconnue pour sa capacité à améliorer la circulation sanguine et à renforcer la santé vasculaire. En phytothérapie équine, elle est utilisée pour ses propriétés veinotoniques, angioprotectrices, antioxydantes, astringentes et hémostatiques.

La Reine-des-prés

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La reine des prés est utilisée en phytothérapie équine pour ses propriétés fébrifuges, antalgiques, anti-inflammatoires, diurétiques, et comme fluidifiant sanguin. Ces multiples bienfaits en font une plante précieuse pour la santé des chevaux​

L'Harpagophytum

Locomotion

L’harpagophytum est la plante anti-inflammatoire de référence en phytothérapie équine. Dosage par profil, bienfaits, précautions, qualité du produit et FAQ complète.

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