Le Lamier pour le Cheval : Cicatrisation, Peau et Soins Externes
Le lamier est une plante médicinale discrète, souvent confondue avec l’ortie à cause de ses feuilles dentées, mais sans ses poils urticants. Il pousse spontanément dans les haies, prairies et bords de chemins d’Europe, souvent là même où paissent les chevaux. En phytothérapie équine, il est principalement utilisé en usage externe pour ses propriétés cicatrisantes, astringentes et doucement antiseptiques.
Lamier blanc, pourpre, jaune : quelles différences ?
C’est la première question à clarifier avant tout, car sous le nom commun de « lamier » se cachent plusieurs espèces aux profils légèrement différents.
Le lamier blanc (Lamium album) : la référence médicinale
C’est l’espèce la plus utilisée en phytothérapie, et la seule vraiment documentée pour un usage thérapeutique. Ses fleurs blanches en forme de capuchon le rendent reconnaissable. Il contient de l’aucubine (un iridoïde aux propriétés anti-inflammatoires), des flavonoïdes (quercétine, kaempférol), des tanins et des mucilages. C’est lui qu’on utilisera en priorité pour les soins de peau chez le cheval.
Le lamier pourpre (Lamium purpureum) : le plus courant dans les prés
Plus petit, à fleurs roses-violettes, il est très fréquent dans les prairies et jardins. Sa composition est proche du lamier blanc mais moins concentrée en principes actifs. Il a une légère activité anti-inflammatoire et astringente. Utilisable en dépannage si le lamier blanc n’est pas disponible, mais moins efficace à quantité égale. Certaines traditions l’utilisent aussi en infusion interne légère pour soutenir la digestion.
Le lamier jaune (Lamium galeobdolon) : l’ornemental
À fleurs jaunes, il pousse souvent en sous-bois ou à l’ombre des haies. Il est moins étudié sur le plan médicinal et ne présente pas de propriétés particulièrement intéressantes pour la phytothérapie équine. À éviter en usage thérapeutique faute de données suffisantes.
En résumé pour la pratique : dans tous les usages décrits dans cette fiche, on parle du lamier blanc. Le lamier pourpre peut être un substitut d’appoint, jamais une référence.
Fiche botanique

Nom commun : Lamier blanc
Nom scientifique : Lamium album
Famille : Lamiacées
Autres noms : Ortie blanche, ortie morte
Origine : Europe et Asie tempérée, naturalisé partout
Parties utilisées : Feuilles, fleurs et sommités fleuries
Principes actifs principaux : Aucubine (iridoïde), flavonoïdes (quercétine, kaempférol), tanins, mucilages, acide chlorogénique
Les bienfaits du lamier pour le cheval
Le lamier est une plante d’usage externe avant tout. Ses effets internes chez le cheval sont peu documentés et peu justifiés. C’est sur la peau et les muqueuses qu’il donne les meilleurs résultats.
Les indications fortes du lamier
Cicatrisation et soins des plaies légères
C’est l’indication principale du lamier blanc. Ses tanins créent un effet astringent qui resserre les tissus, réduit les saignements locaux et favorise la formation du tissu de granulation. Ses mucilages forment un film protecteur sur la plaie. Associé à ses flavonoïdes anti-inflammatoires, le lamier accélère la cicatrisation des petites plaies, abrasions, égratignures et coupures superficielles. Il est particulièrement utile sur les zones de frottement (boulets, paturons) où la peau est souvent fragilisée.
Apaisement des irritations cutanées
Le lamier soulage les irritations de peau, les rougeurs légères et les zones enflammées. En infusion ou en décoction appliquée localement, il calme rapidement les picotements et réduit l’œdème superficiel. Il peut compléter le traitement de la dermite estivale ou accompagner les soins des problèmes de peau d’origine mécanique.
Nettoyage des plaies à risque d’infection
L’aucubine et l’acide chlorogénique du lamier lui confèrent une activité antibactérienne légère. Pas suffisante pour traiter une infection déclarée, mais utile pour nettoyer une plaie fraîche et limiter la prolifération bactérienne dans les premières heures.
Les contributions secondaires du lamier
Soins des sabots fragilisés
Le lamier en décoction peut être intégré dans un bain de pied pour les chevaux atteints de gale de boue ou de fourchette sensible. Son effet astringent et légèrement antiseptique complète les soins locaux. Effet d’appoint, pas de traitement principal.
Usage interne léger
En tradition herboriste, le lamier pourpre est parfois utilisé en infusion pour soutenir la digestion. Chez le cheval, cet usage n’est pas documenté et peu justifié : d’autres plantes comme le gingembre ou la camomille sont nettement plus efficaces et mieux connues pour cet usage.
Comment utiliser le lamier pour son cheval ?
Le lamier s’utilise presque exclusivement en usage externe, sous trois formes principales.
Décoction pour rinçage des plaies
La décoction concentre mieux les tanins et les principes actifs que la simple infusion. Porter une poignée de feuilles et fleurs fraîches (ou séchées) dans 500 ml d’eau à frémissement pendant 10 minutes, laisser infuser 15 minutes couvert, filtrer. Appliquer tiède en rinçage ou en compresse sur la zone à traiter, une à deux fois par jour.
Cataplasme de feuilles fraîches
Les feuilles fraîches légèrement écrasées, appliquées directement sur une plaie superficielle ou une irritation, constituent le soin le plus simple. Le jus libéré contient immédiatement tanins et mucilages. Maintenir en place 20 à 30 minutes avec un bandage léger si possible.
Baume cicatrisant maison
Le lamier infusé dans une huile végétale puis émulsionné à la cire d’abeille donne un baume stable, facile à appliquer et bien toléré par les chevaux. C’est la forme la plus pratique pour un usage régulier et une conservation longue durée. Retrouvez la recette complète dans notre fiche recette dédiée : Baume cicatrisant au lamier.
Dosage et administration
Questions fréquentes sur le lamier pour le cheval
Quelle différence entre le lamier et le plantain pour soigner une plaie ?
Les deux sont cicatrisants et anti-inflammatoires, mais leur mécanisme diffère. Le plantain est plus polyvalent : il agit aussi sur les voies respiratoires et les muqueuses internes. Le lamier est plus spécifiquement astringent et resserrant sur les tissus, ce qui le rend légèrement supérieur pour les petites plaies qui saignent ou les zones à risque infectieux léger. En pratique, les deux se complètent bien dans un baume.
Le lamier est-il toxique pour les chevaux ?
Non, le lamier blanc n’est pas toxique pour les chevaux, ni en usage externe ni en ingestion accidentelle au pré. Comme pour toute plante, une application sur une peau très sensible peut provoquer une légère réaction chez un individu sensible : surveillez la première utilisation.
Peut-on utiliser le lamier sur une plaie profonde ou infectée ?
Non. Le lamier est adapté aux soins de surface pour les plaies légères et superficielles. Une plaie profonde ou présentant des signes d’infection (chaleur, pus, gonflement) nécessite une consultation vétérinaire. Le baume ne doit pas être appliqué avant évaluation dans ces cas.
Comment reconnaître le lamier blanc au pré pour ne pas le confondre avec l’ortie ?
La différence est simple : l’ortie a des poils urticants visibles et pique au contact. Le lamier ne pique pas, ses feuilles sont plus douces au toucher malgré leur ressemblance visuelle. Les fleurs sont également très différentes : le lamier blanc a de grandes fleurs tubulaires blanches disposées en verticilles autour de la tige, l’ortie a de toutes petites fleurs verdâtres pendantes.
Peut-on faire sécher le lamier pour le conserver ?
Oui. Récoltez les sommités fleuries au printemps et en début d’été quand la plante est en fleur, c’est là que sa concentration en principes actifs est maximale. Séchez en petits bouquets suspendus à l’ombre dans un endroit ventilé pendant 2 à 3 semaines. Les feuilles et fleurs séchées se conservent jusqu’à un an dans une boîte hermétique à l’abri de la lumière.
Le lamier est-il compatible avec les soins vétérinaires ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Le lamier en usage externe n’interfère pas avec les traitements classiques. Informez cependant votre vétérinaire des soins complémentaires utilisés, notamment si la plaie est sous traitement antibiotique local.
Sources : Bruneton J., Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes médicinales (4e éd., 2009). Wichtl M., Plantes médicinales, tradition et pharmacologie. ESC Laboratoire (phytothérapie équine).
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